/news/currentevents

Lac-Saint-Jean

Victime de violence conjugale, ses plaintes n'étaient pas prises au sérieux

Andréanne Larouche | TVA Nouvelles

Une victime de violence conjugale, qui a été impliquée dans un grave accident de la route il y a sept ans dans la Réserve faunique des Laurentides, brise le silence dans l’espoir que les plaintes en cette matière soient davantage prises au sérieux par les autorités.

Le 7 octobre 2011, un homme de Mashteuiatsh au Lac-Saint-Jean s’est tué en fonçant délibérément sur le véhicule dans lequel prenait place son ex-conjointe, accompagnée de ses parents et de ses deux enfants. Tous les membres de cette famille avaient heureusement survécu. 

 «C’est un gros traumatisme. Ça prend des années de réparation. Je ne sais même pas si un jour on va être capable de passer à autre chose», raconte-t-elle.

L’ex-conjointe impliquée dans cet accident prend la parole pour la première fois parce qu'elle a été interpellée par l’émission «J.E.» sur la violence conjugale. Elle est aussi d’avis que des lois plus sévères sont nécessaires afin de mieux protéger les victimes.

Nombreuses plaintes à la police 

Avant l’accident il y a sept ans, cette dame avait fait cinq plaintes à la police en huit mois, puisqu’elle était menacée par son ex-conjoint et qu’elle vivait avec la peur au ventre. Chaque fois, l'homme en question était arrêté ou interrogé, mais remis en liberté.

Quatre jours avant que son ex-conjoint fonce sur elle et sa famille en voiture, elle avait pourtant à nouveau alerté les policiers. 

 «Je craignais énormément pour ma sécurité, confie-t-elle. J’avais des preuves. Le policier est parti avec tout ça. Il m’a rappelé dans la journée en me disant qu’il était relâché. Vous ne pouvez pas imaginer le sentiment de peur, de culpabilité et de ne pas être écoutée.»

Cette victime espère que son témoignage convaincra les autorités que des processus plus sévères doivent être appliqués auprès des personnes qui font l’objet de plaintes pour violence conjugale.

 «Il faut que les policiers et les procureurs prennent en considération chaque plainte, qu’ils ne la mettent pas sur le coin d’une table en attendant de voir ce qui va arriver.»