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Congédiement

Chambly perd sa cause contre une ex-employée

Yves Poirier | TVA Nouvelles

TVA Nouvelles a appris qu’une employée congédiée par la Ville de Chambly, Maryse Vigneault, appuyée par son syndicat des cols blancs, vient gagner sa cause après trois ans de lutte.    

Le tribunal d’arbitrage a donné raison à l’ex-secrétaire du maire Denis Lavoie. La Ville devra la réintégrer ou la compenser.   

Tout a commencé lorsque Maryse Vigneault a transmis par erreur, contrairement à une directive du maire, un courriel à l’ex-conseillère municipale, Francine Guay.   

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Dans la décision du tribunal, Mme Vigneault relate une conversation entre elle et le maire Lavoie datant du 25 mars 2015.   

«Mon téléphone a sonné et c’était le maire. [...] Il criait très fort, je lui ai donc dit: "Pardon, excusez-moi, je ne comprends pas ce que vous me dites". Il a donc sacré, toujours en criant: "Câlisse de tabarnac, d'estie, de câlisse, c'est quoi ça, savez-vous ce qui va se passer maintenant, c'est inacceptable [...]." J'ai essayé de lui expliquer les démarches que j'avais déjà faites pour rectifier mon erreur, mais il ne me laissait pas parler.»   

Joint au téléphone jeudi par TVA Nouvelles, le maire Lavoie s’est défendu. Les mots d’église ne s’adressaient pas à sa secrétaire, mais plutôt au système Bluetooth mains libres de son véhicule qui ne semblait pas fonctionner adéquatement, dit-il.   

«J’avais un nouveau système Bluetooth dans mon véhicule, mais le Bluetooth ne fonctionnait pas, explique-t-il. Mais comme la conversation coupait, ma secrétaire a juste entendu les mots d’église, mais cela n’avait aucun rapport avec elle. C’est parce que la technologie ne fonctionnait pas.»   

L’arbitre Mario Létourneau a cru l’explication de M. Lavoie à ce sujet.   

Cependant, dans le jugement, l’arbitre indique que l’ex-secrétaire du maire marchait sur des œufs à l’hôtel de ville et n’en pouvait plus de subir de la pression qui allait au-delà de ce qu’elle avait pu imaginer et de ce qu’elle pouvait supporter.   

L’arbitre Mario Létourneau indique que «la plaignante s’est retrouvée en arrêt de travail parce qu’elle a été incapable de résister à la pression exercée sur elle, plus particulièrement par la menace de congédiement suite à sa conversation avec la conseillère municipale Francine Guay lors du party de Noël, par la prolongation illégale et abusive de sa période de probation qui a remplacé cette menace de congédiement, par tous les autres incidents dont elle a été témoin y compris cette dernière conversation avec son patron ponctuée des "mots d’église" que l’on sait. Que sa version des faits, quelle que soit celle que l’on retienne, contienne l’expression d’une certaine frustration, constitue en quelque sorte un cri du cœur, ne saurait me surprendre.»   

L’arbitre a annulé le congédiement. La Ville songe maintenant à demander une révision judiciaire.   

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