/finance/homepage

La Pocatière

Les travailleurs de Bombardier exaspérés d’échapper des contrats

Stéphanie Gendron | Journal de Québec

Les travailleurs de Bombardier Transport à La Pocatière n’en peuvent plus de voir leur passer sous le nez des contrats d’importance, qui ne comprenaient pas d’exigences de contenu local.  

 Les employés sont exaspérés d’échapper des contrats comme celui du REM au profit de l’Inde, celui de l’AMT au profit de la Chine et possiblement celui de VIA Rail à la compagnie allemande Siemens, qui ferait construire les trains aux États-Unis.  

 Ils estiment qu’ils ont l’expertise pour faire ce genre de contrats, mais le fédéral doit les supporter en exigeant du contenu local, comme cela se fait ailleurs dans le monde.  

Photo Stéphanie Gendron

  

 «Tous nos contrats s’en vont à l’étranger et nous autres, quand on veut un contrat à l’étranger, ils ont leur contenu local, on “pogne” jamais rien», a résumé Charles Pry, préparateur depuis 20 ans chez Bombardier.  

 Des centaines de travailleurs ont manifesté jeudi midi devant l’usine de La Pocatière.  

 «Qu’est-ce que le gouvernement attend pour réagir? Qu’on mette la clef dans la porte? C’est un milliard de $ en contrat (VIA Rail) qui part à l’étranger, avec aucune retombée pour le Canada. Pourtant ce projet est financé par nos taxes et nos impôts», a dit Claude Michaud, représentant des travailleurs.  

 Guy Nadeau, technicien à l’assurance qualité depuis 37 ans, rappelle que les contrats d’envergure donnés au Canada sont peu nombreux et que d’en échapper un est catastrophique.  

Guy Nadeau, technicien à l’assurance qualité depuis 37 ans chez Bombardier La Pocatière.

Photo Stéphanie Gendron

Guy Nadeau, technicien à l’assurance qualité depuis 37 ans chez Bombardier La Pocatière.

  

 «VIA Rail va passer une commande et ça fait 30 ans qu’ils n’ont pas passé une commande pour des voitures neuves. Quand est-ce qu’on va avoir la chance à La Pocatière et au Canada, s’il n’y a pas de contenu local, d’avoir la possibilité d’avoir un contrat d’envergure?», questionne Guy Nadeau.  

 «Les gens disent qu’on aura beaucoup d’autres opportunités. Oui il y en aura d’autres dans le monde, mais les autres pays font en sorte que ça doit se produire chez eux. Pour nous c’est absolument rien», ajoute M. Nadeau.  

 Lucille Beaulieu, qui travaille au service à la clientèle depuis 23 ans, prendra sa retraite dans quelques jours. Elle tenait néanmoins à supporter ses collègues en manifestant à l’extérieur.  

 «C’est un message à notre gouvernement, on voudrait qu’il s’occupe de nous autres un petit peu plus. Il n’y a pas de logique. Pourquoi il ne nous soutient pas?», a dit Lucille Beaulieu.  

 Bombardier Transport a indiqué qu’il s’agissait d’une initiative syndicale, mais qu’elle comprenait le mécontentement de ses travailleurs. «Nous invitons les travailleurs à retourner au travail le plus rapidement possible afin de continuer à faire ce qu’ils font de mieux à La Pocatière, soit des trains de qualité, livrés à temps», a indiqué Jade St-Jean, conseillère principale pour Bombardier Transport.  

Photo Stéphanie Gendron

  

  

 Les travailleurs de Bombardier Transport à La Pocatière    

  •  Nombre d’employés: 600  
  •  Corps de métiers principaux: soudeurs, machinistes et monteurs  
  •  Salaire moyen: 55 000$  
  •  Provenances: Rivière-du-Loup à Québec  

Dans la même catégorie