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Direction photo

Un Québécois recruté par Clint Eastwood

Maxime Demers | Journal de Montréal

FayesVision/WENN.com

Le légendaire cinéaste et acteur américain Clint Eastwood a fait appel à un Québécois, Yves Bélanger, pour la direction photo de son nouveau film, «The Mule», qui prend l’affiche la semaine prochaine.

Directeur de la photographie attitré du cinéaste Jean-Marc Vallée, Yves Bélanger a donc passé une quarantaine de jours aux côtés de Clint Eastwood l’été passé à Atlanta et au Nouveau-Mexique pour le tournage de ce 38e et nouveau film du célèbre réalisateur américain de 88 ans.

«C’est sûr que c’était spécial de pouvoir travailler avec lui», a raconté le Québécois, en entrevue au «Journal».

«Quand j’étais jeune, Clint était comme un plaisir coupable. Je regardais «Le Bon, la Brute et le Truand» et je voulais devenir Clint!»

Si le nom de Bélanger a récemment beaucoup circulé à Hollywood grâce à son travail sur les derniers films et séries télé de Jean-Marc Vallée (dont «Dallas Buyers Club», «Wild» et «Big Little Lies»), c’est surtout grâce à un vieil ami d’université qu’il a décroché ce contrat.

«Clint travaille avec le même cadreur depuis 1994 et c’est un gars de Montréal, Steve Campanelli, a expliqué Bélanger. Il était dans ma classe à Concordia dans les années 1980 et c’est un bon ami avec qui j’ai toujours gardé contact. J’ai même fait la direction photo de son film «Indian Horse» l’an passé.

«Alors, quand Clint a appris que son directeur photo ne pouvait pas faire son prochain film, Steve lui a dit: on pourrait peut-être essayer Bélanger. Je sais que Clint avait déjà parlé de moi parce qu’il avait vu "Dallas Buyers Club" et qu’il avait aimé "Brooklyn", un film sur lequel j’ai travaillé qui est allé aux Oscars. À partir de là, tout s’est passé très vite et les avocats de Warner étaient déjà en train de s’organiser pour me trouver un permis de travail.»

La vieille école

En arrivant sur le plateau de «The Mule», Yves Bélanger a eu l’impression de se joindre à une famille tissée serrée: « Clint vient de la vieille école. Il travaille avec les mêmes collaborateurs depuis au moins 25 ans et ce sont tous de purs Californiens ou Américains. J’étais donc le premier directeur photo qu’il recrutait qui venait d’une autre école. Pour eux, j’étais un peu comme un extraterrestre!»

Tiré d’un fait vécu, «The Mule» raconte l’histoire d’un vieil homme fauché (joué par Eastwood) qui accepte un boulot de chauffeur. Sans le savoir, il deviendra passeur de drogue pour un cartel mexicain. C’est la première fois depuis «Gran Torino» en 2008 qu’Eastwood tient le rôle principal d’un film qu’il a réalisé.

«Pour un homme de 88 ans, Clint a une énergie exceptionnelle, a souligné Yves Bélanger. Souvent, quand tu vas manger avec des personnes de cet âge-là, ils ont 15 pilules à prendre avant le repas. Lui, rien de cela. Il mange de la tarte aux pommes chaque jour et quand on arrivait à un nouvel hôtel, on le trouvait souvent au bar en train de prendre une petite bière en discutant avec les madames.»

«D’ailleurs, toutes les madames l’arrêtent toujours partout pour lui parler. On ne le réalise pas, mais il y a cinq générations de gens qui connaissent ses films. Et ce n’est pas fini, il continue d’en faire régulièrement. Il veut même en tourner un autre dans quelques mois. C’est impressionnant!»

«The Mule» prend l’affiche le 14 décembre.

 

 

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