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Images-chocs de l'arrestation de 150 élèves en France

TVA Nouvelles

Le ministre de l'Intérieur français a défendu vendredi les interpellations controversées jeudi de 151 personnes près d'une école secondaire de Mantes-la-Jolie, en région parisienne, assurant qu'elles intervenaient après de «véritables violences urbaines» dans cette ville. 

Les images montrant des dizaines de jeunes, mains entravées ou sur la tête, «sont dures (...), mais je crois qu'il faut les replacer dans un contexte», a déclaré vendredi Christophe Castaner, assurant notamment que des dizaines de bouteilles de gaz avaient été jetées «robinet ouvert sur des barricades enflammées» juste avant ces interpellations. 

 

 

Le ministre a précisé que 145 de ces gardes à vue avaient été prolongées, illustrant la «gravité de ce qu'il s'est passé» tout en se félicitant qu'aucun jeune n'ait été blessé lors de cette interpellation de masse qui a créé la polémique. 

À une première vidéo réalisée par une journaliste de l'AFP, s'est ajoutée une seconde diffusée sur les réseaux sociaux, filmée au plus près des forces de l'ordre où l'on voit des dizaines de jeunes, les genoux au sol, tandis qu'on entend une voix dire ironiquement: «Voilà une classe qui se tient sage». La gauche a dénoncé une «humiliation». 

 

 

«Je sais la violence de ces images, mais je sais aussi (...) la violence» qui s'est exprimée au cours des récents jours à Mantes-la-Jolie, a déclaré le ministre de l'Intérieur lors d'une conférence de presse consacrée à «l'acte IV» de la mobilisation des «gilets jaunes» samedi. 

Au cours des derniers jours, des élèves de Mantes engagés comme d'autres en France dans une mobilisation contre les réformes du gouvernement ont été rejoints par «une centaine d'individus encagoulés et armés de bâtons et d'engins incendiaires avec la ferme intention d'en découdre avec les forces de l'ordre». 

Ils se sont livrés à des actes «totalement irresponsables», agressant des habitants, jetant des projectiles sur des automobilistes et saccageant des pavillons, a énuméré le ministre. 

«Ce ne sont pas des mouvements de lycées, mais de véritables violences urbaines», a-t-il assuré. 

Tout en défendant la régularité des interpellations, le ministre a annoncé que la «procédure» sera évaluée par la justice pour déterminer les suites des arrestations, mais également identifier l'auteur de la deuxième vidéo. 

«Il y a une source qu'on ne connaît pas», a indiqué le ministre, s'engageant à ce que «toute la transparence soit faite». 

Interrogé par l'AFP, le préfet des Yvelines Jean-Jacques Brot a estimé que «les conditions de l'interpellation ont été parfaitement proportionnées à la réalité des risques».  

«Je ne dis pas que c'est la méthode la plus optimale, je dis qu'elle n’est pas contraire aux lois et règlements», a-t-il ajouté.

Rappel à la loi

Au moins deux tiers des 151 jeunes arrêtés ont écopé d'un rappel à la loi, a appris l’AFP vendredi soir auprès du parquet.

Le parquet de Versailles a indiqué avoir géré au total 189 gardes à vue entamées jeudi dans les Yvelines, soit 151 à Mantes et 38 autres liées à des incidents distincts ailleurs dans le département.

Sur ce total de 189 personnes, 142 se sont vu notifier un rappel à la loi, a-t-on indiqué au parquet, sans préciser le lieu d'interpellation précis des jeunes concernés par cette mesure alternative aux poursuites.

Un rappel à la loi signifie que le procureur rappelle à la personne mise en cause quelles sont ses obligations légales et les risques encourus si elle ne respecte pas la loi.

Au-delà des 142 rappels à la loi, 18 procédures ont été classées sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée. Une procédure se poursuit devant le juge des enfants pour 23 jeunes interpellés, selon le parquet.

Des enquêtes préliminaires ont été ouvertes pour deux autres personnes, et deux majeurs ont été convoqués ultérieurement et placés sous contrôle judiciaire. Enfin, la justice a ordonné un stage de citoyenneté et une mesure de réparation à deux mineurs.

En milieu d'après-midi vendredi, le parquet avait indiqué que «toutes les gardes à vue [avaient] été levées», précisant avoir prolongé 91 gardes à vue sur 189.

Plus tôt dans la journée, M. Castaner avait affirmé que 145 des gardes à vue liées aux seuls incidents de Mantes-la-Jolie avaient été prolongées, illustrant la «gravité de ce qu'il s'est passé».

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