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Comédie dramatique

«Plaire, aimer et courir vite», un bijou signé Christophe Honoré

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

On retrouve dans «Plaire, aimer et courir vite», bijou signé Christophe Honoré, des accents de «120 battements par minute». 

Lui, c’est Jacques (Pierre Deladonchamps), écrivain parisien quadragénaire désabusé qui passe d’une aventure à l’autre, d’un homme à l’autre sans réel attachement. Il a un fils, Loulou, avec une amie, Isabelle (Sophie Letourneur), et habite en dessous de chez Mathieu (Denis Podalydès), son meilleur ami. 

Lorsque s’amorce «Plaire, aimer et courir vite», Jacques est dans un restaurant en 1993 et attend un amant régulier dont il se proclame amoureux. En parallèle, pour l’instant sans explication, on passe à Arthur (Vincent Lacoste), jeune responsable de camp de vacances habitant la Bretagne. Les deux hommes se rencontrent lors d’une projection de «La leçon de piano» au cinéma lorsque Jacques va présenter sa pièce dans un théâtre de la région. 

Rapidement, Arthur tombe amoureux, doit régler la question de son homosexualité auprès de Nadine (Adèle Wismes), avec laquelle il est plus ou moins en couple. Jacques s’en défend, mais ses sentiments pour Arthur s’approfondissent pendant que sa vie le rattrape. 

Alternant souvenirs, parfois imaginaires – une scène de bain au son de «Scherza, infida», aria du dramma per musica «Ariodante» de Haendel est d’une beauté mémorable –, et moments présents, «Plaire, aimer et courir vite» s’interroge sur l’amour sans jamais, pour autant, tomber dans le pathos ou le sentimentalisme lourd. 

Le bleu domine cette œuvre dans laquelle le cinéaste explore étreintes furtives, maladie, douleur, sida, amitié et bonheurs fugaces. Les images sont portées – époque oblige – par une trame sonore marquée du sceau des années 1980, dans laquelle surgit l’étendard emblématique «Smalltown Boy» de Bronski Beat ou la pièce «Fade to Grey» de Visage, aujourd’hui délicieusement surannée. 

Moins coup de poing et revendicateur que «120 battements par minute», ce «Plaire, aimer et courir vite» se veut contemplatif, surtout au regard de sa fin ouverte. 

À voir. 

Note: 4 sur 5