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Laïcité

Québec solidaire divisé sur les signes religieux

Charles Lecavalier - Agence QMI

Deux camps s’affrontent au sein de Québec solidaire (QS): les «inclusifs» et les tenants de la laïcité. En mars, les militants devront trancher et vont revoir la position du parti, qui défend présentement l’interdiction des signes religieux pour les juges, les gardiens de prison et les policiers. 

«C’est sain. Ce que ça démontre, c’est que QS n’est pas le parti dogmatique qu’on tend à vouloir dépeindre. Il y a de la vie, il y a de l’échange, il y a de la discussion. Ce n’est pas tout le monde qui pense pareil», a affirmé la chef parlementaire Manon Massé samedi lors d’une mêlée de presse à l’entrée du Conseil national postélectoral du parti, à Montréal. 

Québec solidaire veut avoir une position «dépoussiérée» sur cette question en prévision du débat sur le projet de loi sur la laïcité promis par le gouvernement Legault. 

Le parti distribuera un document de réflexion à ses membres, mais déjà, les camps s’activent. Les «solidaires pour un Québec inclusif» distribuent un dépliant qui souligne que «la droite identitaire instrumentalise et déforme le concept de laïcité pour répandre une vision stéréotypée de certaines catégories de citoyens». Pour eux, c'est l'État qui doit être laïque, et pas ses employés. 

Lise Boivin, coordinatrice du Collectif de la laïcité de Québec solidaire, propose plutôt l’interdiction totale des signes religieux pour tous les fonctionnaires. «La religion, c’est une idéologie aussi. On est libre d’adopter celle qu’on veut. Mais quand on est au service des citoyens, on ne devrait pas afficher notre appartenance religieuse», a-t-elle lancé. Elle s’appuie sur un «sondage récent» qui révèle que 50 % des sympathisants de QS sont favorables à sa position. 

Avis nombreux 

Au sein même de la députation de QS, les avis sont nombreux. La députée de Sherbrooke Christine Labrie «ne serait pas à l’aise qu’on fasse perdre leur emploi à des gens». «Je suis à l’aise de défendre cette position en ce moment. Mais je trouve qu’effectivement, ça vaut la peine de se poser la question à savoir si c’est encore la meilleure position», a-t-elle dit. 

«Ma position, c’est le compromis Bouchard-Taylor. C’est ça qu’on défend. Il est possible que ce soit maintenu, il est possible qu’on diffère», a indiqué pour sa part le député de Jean-Lesage à Québec Sol Zanetti. Émilise Lessard-Therrien de Rouyn-Noranda-Témiscamingue soutient que «le compromis Bouchard-Taylor, personnellement, pour l’instant, c’est la position avec laquelle je suis confortable». 

L’ancienne candidate Ève Torres, qui porte elle-même le voile, a souligné de son côté que les membres du parti n’ont jamais pris position en assemblée sur cette question. 

«Pour moi, il est évident, en tant que féministe, que personne très engagée pour la justice sociale, pour moi il n’y a pas de compromis possible parce que j’ai bien conscience de l’impact que ça a», a-t-elle dit. 

Les militants de Québec solidaire trancheront le débat en congrès en mars prochain.

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