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Au Mexique avec un homme jaloux

Axel Marchand-Lamothe | Agence QMI

Le compagnon de la femme de Laval mystérieusement disparue lors d’un voyage au Mexique avait déjà menacé et violenté une ancienne conjointe qui craignait encore pour sa sécurité.     

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Pierre Bergeron et Christine St-Onge formaient un couple depuis quatre mois environ lorsqu’ils ont quitté le Québec en direction du Mexique le 29 novembre.     

La femme de 41 ans, elle-même agente de voyage, ne serait jamais revenue de ce voyage en sa compagnie le 5 décembre.     

Les effets personnels de la mère de deux enfants auraient été laissés dans la chambre qu’ils occupaient au Secrets Puerto Los Cabos Golf & Spa Resort.     

L’homme de 52 ans s’est enlevé la vie dans les Laurentides le 6 décembre, jour prévu de leur retour.     

Toujours pas rentrée     

C’est en allant rencontrer la famille de Mme St-Onge à la suite du décès de Pierre Bergeron que les policiers ont été mis au courant qu’elle n’était toujours pas rentrée.     

Les proches de la disparue leur auraient alors fait part de craintes quant au comportement de l’individu, eux qui sont sans nouvelles depuis le 4 décembre.     

Nancy Morel, une ancienne conjointe de Pierre Bergeron, comprend très bien l’inquiétude qui ronge l’entourage de Mme St-Onge.     

Elle a raconté au «Journal de Montréal» avoir vécu une relation basée sur la violence et le mensonge pendant sept mois. Elle le décrit comme un homme contrôlant à l’excès, manipulateur et terrorisant.     

«Lors d’un voyage au Mexique en 2014, il a failli me tuer. Pourquoi ? Parce qu’il était un jaloux extrême. Fou de tout. Il m’interdisait de porter des sandales ouvertes à moins d’être à la maison ou sur le bateau, etc.», affirme-t-elle.     

Vacances enfermés     

Les vacances idylliques, ils les ont plutôt passées enfermés dans la villa qu’il avait louée. Elle relate des accès de colère qu’il a eus après qu’elle avait fraternisé avec une connaissance sur la plage, puis avec un couple qui jouait au volleyball avec eux.     

«En arrivant dans la chambre, il a pris une de nos valises et l’a lancée à travers la porte-patio, relate-t-elle. À notre retour [au Québec], je l’ai quitté une première fois avec la peur au ventre parce qu’il me menaçait constamment, il m’intimidait.»     

Malgré le «combat» entre eux, elle a emménagé avec lui en décembre 2014 avant de subir une soirée d’enfer le 18 février 2015.     

«Il a essayé d’avoir une relation sexuelle non consentante pour me punir d’être revenue plus tard que prévu d’une transfusion sanguine et d’une pose d’ongles», soutient-elle.     

Selon son récit, l’homme, qu’elle a rencontré dans un club de gym, possédait à l’époque plusieurs armes à feu dans sa résidence de Terrebonne.     

Nancy Morel a porté plainte à la police et l’a quitté définitivement, malgré ses tentatives pour la retenir, dont une invitation en République dominicaine.     

«J’ai lavé les planchers avec ta mope et l’huile de Murphy pour enlever les traces d’une nuit horrible», lui a-t-il écrit en guise d’excuses.     

Pierre Bergeron a été accusé de voies de fait et d’utilisation négligente d’une arme. Il a plaidé coupable en mai 2017 et s’en est tiré avec une absolution inconditionnelle en échange d’un don à un organisme venant en aide aux femmes violentées.     

Une sentence trop légère selon la victime, surtout qu’elle a dû se battre pour être entendue et récupérer ses biens. D’autant plus que, quelques mois plus tard, il déposait une requête pour faire annuler son verdict.     

«Je craignais le jour où il retrouverait ses armes», confie Mme Morel.     

Elle devait rencontrer mardi les enquêteurs des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec, qui sont chargés du dossier de la disparition de Christine St-Onge.     

Tout renseignement peut être transmis à la Centrale de l’information criminelle de la Sûreté du Québec au 1 800 659-4264.

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