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Protection de la jeunesse: climat de violence pour les travailleurs

Agence QMI

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Menaces de mort, coups de poing, objets lancés, bris de propriété, agression au couteau, ces gestes sont posés autant par des enfants que des parents, c’est ce que révèle une récente étude qui met en avant la violence physique et psychologique que les travailleurs en protection de la jeunesse affrontent dans le cadre de leur travail.

L’étude, dirigée par Steve Geoffrion, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal a été publiée dans la revue «Child Abuse & Neglect».

Une équipe de chercheurs a ainsi analysé les témoignages de 30 intervenants en protection de la jeunesse travaillant aussi bien en centre de réadaptation que dans le milieu familial de l’enfant. L’objectif étant de savoir comment ils font face aux menaces et aux manifestations de violence et quelles sont les ressources disponibles pour les aider.

Les résultats indiquent que les situations de violence, tant physique que psychologique, sont «récurrentes et omniprésentes» et qu’elles affectent la santé et le bien-être des travailleurs.

«Les intervenants en institution sont plus à risque d’être confrontés à de telles situations que ceux en milieu familial parce qu’ils sont toujours en contact avec des jeunes qui composent avec des troubles du comportement», précise le professeur Steve Geoffrion.

L’étude révèle également que malgré des réactions de stress post-traumatique, certains intervenants hésitent à en faire état à leurs supérieurs par peur d’être perçus comme non qualifiés.

«Ils se sentent isolés et sans ressource. Plusieurs vont même soutenir qu’ils ne sont pas affectés par les situations de violence alors qu’ils en souffrent en silence», peut-on lire.

Briser l’omerta

Les auteurs de l’étude déplorent que la formation actuelle reçue par les travailleurs ne soit pas uniforme, parfois même «déficiente».

Pour briser cette loi du silence, ils soulèvent deux principales pistes de solution: le soutien organisationnel et l’acquisition de stratégies pour faire face adéquatement aux situations conflictuelles.

Un soutien institutionnel «fort» favoriserait la résilience des travailleurs et aiderait à dissiper les conséquences négatives des évènements violents, écrivent les chercheurs. Une formation incluant des mises en situation de comportements violents, comme ce qui se fait en sciences infirmières où l’on simule des interventions, est également évoquée.