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Dirigés vers la SQDC par leur médecin

Plusieurs médecins québécois disent à leurs patients d’aller s’automédicamenter à la SQDC s’ils veulent du cannabis pour se soigner, dénoncent des patients et intervenants du milieu.  

«Les médecins doivent assurer le suivi adéquat pour chacun de leurs patients. Il est inadmissible qu’un médecin dise à son patient de se traiter lui-même. D’ailleurs, le Code de déontologie des médecins est très clair» que ce n’est pas permis, a commenté Caroline Langis, porte-parole du Collège des médecins du Québec (CMQ).  

Référés  

Celle-ci réagissait à des entrevues du «Journal de Montréal» avec deux cliniques de cannabis médical ayant des bureaux à travers le Québec.  

Les dirigeants disent que de plus en plus de personnes viennent les voir parce que leur médecin les a référés à la Société québécoise du cannabis (SQDC) s’ils voulaient du cannabis à usage médical.  

«On a au moins une douzaine de personnes qui sont venues nous voir parce qu’elles souffraient de douleurs chroniques pour lesquelles les médicaments réguliers ne faisaient pas effet. Mais leurs médecins leur ont dit qu’ils ne connaissaient pas assez le cannabis médical et leur ont dit d’amener leurs problèmes à la SQDC. C’est inacceptable», s’insurge Marc-André Hébert, fondateur de Solution Cannabis Médical à Québec.  

«Un médecin ne dirait pas à quelqu’un qui a besoin d’un antiseptique d’aller voir à la SAQ pour se faire conseiller, alors pourquoi ils disent quelque chose comme ça aux personnes intéressées par le cannabis médical», a-t-il continué.  

Une de ces personnes est un septuagénaire de Québec atteint d’arthrose, qui a accepté de parler au «Journal de Montréal» sous le couvert de l’anonymat, de crainte de s’attirer le courroux de son médecin.  

Celui-ci a indiqué qu’il vit mal avec les effets secondaires des médicaments usuels, et espérait que son médecin de famille puisse lui dire s’il y avait une solution de cannabis médical qui pourrait l’aider «sans que je sois gelé».  

«Mais mon médecin de famille m’a dit qu’elle n’était pas à l’aise avec le cannabis médical, et que si je voulais l’essayer, je n’avais qu’à aller à la SQDC leur demander ce qu’il me fallait, s’est insurgé l’homme. Je n’ai pas aimé ça du tout, surtout que les gens à la SQDC ne sont aucunement formés pour ça et j’ai peur qu’on me donne n’importe quoi qui ne m’aidera pas du tout.»  

«Ce genre de situation est définitivement un gros problème, particulièrement dans la région de Québec, a martelé Nadia Kvakic, gestionnaire de cliniques chez Santé-Cannabis. Beaucoup de médecins là-bas sont très conservateurs dans leurs pratiques et ne sont pas ouverts au cannabis médical.»  

Pas obligés de prescrire  

Or, aucun médecin n’est obligé de prescrire du cannabis à un patient s’il ne croit pas que ce soit un traitement adéquat, rappelle la porte-parole du CMQ.  

Mais si le docteur ne se sent pas à l’aise avec ce produit, il a l’obligation d’adresser son patient à un spécialiste, et non pas à la SQDC.  

«Un des défis qui se présente aux médecins est de distinguer les patients qui peuvent réellement bénéficier du cannabis. Sachez qu’un médecin peut refuser de prescrire du cannabis à un patient et que cela ne signifie pas pour autant qu’il l’abandonne ou qu’il lui recommande de se soigner lui-même», a indiqué Mme Langis, tout en encourageant les personnes qui ne se sentent pas bien conseillées par leur médecin à porter plainte au CMQ.

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