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Montréal savait-elle que l’hiver s’en venait?

Sébastien St-Jean / Agence QMI

Comme si elle avait oublié que la neige revenait chaque année, la Ville de Montréal a demandé trop tardivement les permis nécessaires pour ses souffleuses et s’expose depuis des semaines à des contraventions si les véhicules prennent la route. 

La situation touche 18 des 19 arrondissements montréalais, alors que l’hiver est bien entamé. Pendant des semaines, 84 des 95 souffleuses de la Ville ne disposaient pas du permis spécial de circulation qu’on attribue aux véhicules hors normes (particulièrement larges ou lourds).  

Encore hier soir, on attendait les permis de plusieurs souffleuses. Habituellement, ces formalités sont réglées à la fin novembre ou, au plus tard, au tout début du mois de décembre.  

La Société de l’Assurance automobile du Québec prévoit des amendes de 175 $ à 525 $ pour chaque véhicule lourd qui circule sans ce permis. 

«On nous a dit qu’on devait aller travailler (en cas de chargement de la neige) et juste noter l’absence de permis dans le rapport de la ronde de sécurité. Notre chef de section m’a dit qu’il assumerait les contraventions au besoin. Ce n’est vraiment pas logique et professionnel», nous a confié un col bleu sous le couvert de l’anonymat.  

Ce travailleur s’est fait même dire d’allumer en permanence le gyrophare de son véhicule s’il devait circuler sur la route, dans l’espoir que cela lui évite une contravention.  

La Ville pas pressée 

Cette situation n’est pas sans rappeler celle survenue dans la ville de Sainte-Thérèse l’an dernier. La police avait exigé que les camions soient immobilisés après avoir constaté que les permis d’exploitation de véhicules lourds n’avaient pas été renouvelés.  

La ville n’avait pu déglacer ses rues pendant deux jours, le temps qu’elle régularise sa situation.  

La météo a joué en faveur de l’administration Plante dans les dernières semaines. À ce jour, il n’y a pas eu d’opération de chargement de la neige. 

Il a fallu que notre Bureau d’enquête questionne la Ville à répétition pendant une semaine pour que cette dernière appuie sur l’accélérateur. 

Hier soir, Laurence Houde-Roy, attachée de presse au cabinet de la mairesse, a affirmé que c’était une question d’heures avant que tous les permis soient obtenus. 

Une autre porte-parole de la Ville, Audrey Gauthier, a pour sa part indiqué que l’acquisition de 32 nouveaux véhicules cette année aurait « rallongé et complexifié » les processus.  

Vous avez des informations à nous transmettre à ce sujet ? Contactez notre journaliste Sarah-Maude Lefebvre à sarah-maude.lefebvre@quebecormedia.com ou au 514-521-4545, poste 8012.  

Des souffleuses sans permis 

- La situation implique 84 des 95 couples chargeurs-souffleuse. 

- Il s’agit des souffleuses jaunes utilisées lors des opérations de chargement. 

- En raison de leur taille, ces souffleuses nécessitent un permis spécial de circulation de catégorie 6.  

- L’absence de permis constitue une infraction (amende maximale de 525 $), tout comme le fait de transporter une charge plus lourde que celle prévue par le permis.  

 

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