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Des centaines de millions non dépensés

Charles Lecavalier | Journal de Québec

Alors que le Québec est en train de rater ses objectifs de réduction de GES pour 2020, des centaines de millions dorment toujours dans les coffres du Fonds vert.  

«C’est géré n’importe comment. Il y a plusieurs ministères qui y pigent, il n’y a aucune optimisation de réduction des émissions de GES. Il y a beaucoup de travail à faire», a lancé le premier ministre François Legault mercredi à l’entrée du conseil des ministres.  

Le rapport du conseil de gestion du fonds vert est sans équivoque: le Fonds vert ne fait pas le travail, malgré les sommes colossales qui sont en jeu.  

«Les surplus cumulés dans le Fonds vert au 31 mars 2018 et déjà alloués devraient atteindre 949,3 millions $ [...]. Ce sont autant de ressources disponibles qui ne sont pas mises à contribution pour l’atteinte des objectifs gouvernementaux de réduction des émissions de GES. Ces sommes auraient avantage à être réallouées à des mesures performantes», notent les auteurs du document rendu public au matin.  

En bref, le plan d’action sur les changements climatiques, financé par le Fonds vert, a vu son budget augmenté de 50 % depuis 2013. Au même moment, sa contribution en terme de réduction d’émission de GES a été réduite de 40 %.  

Au 31 mars 2018, «34 actions et sous-actions disposaient d’un solde d’enveloppe budgétaire de 10 millions de dollars et plus, pour un total de près de 1,4 milliard de dollars», note-t-on dans le rapport. Le Conseil de gestion du fonds vert «s’interroge sur la capacité réelle des partenaires de réaliser ces actions et d’engager la totalité de ces sommes d’ici la fin du PACC 2013-2020», ajoute-t-on.  

«Que ce soit des projets de ministères, de municipalités, d’entreprises, il faut que chaque dollar investi fasse le plus de chemin pour réduire les GES», a déploré le premier ministre.  

En effet, sur 185 actions financées, seulement 21 «ont une cible de réduction d’émission de GES».  

Pour M. ou Mme Tout-le-Monde qui souhaite bénéficier de programmes de subventions, c’est également le fouillis. Les citoyens et entreprises «doivent faire le tour de plusieurs ministères et organismes pour évaluer si son projet peut être admissible à une subvention. Une telle situation n’encourage pas le public à proposer des projets dans le cadre des nombreux programmes existants».  

Un exemple concret: il existe six programmes de subvention pour installer des bornes de recharge de véhicules électriques: Roulez vert, Branché au travail, Borne de recharge pour circuit électrique, un programme de promotion de l’électrification des transports, un autre programme pour implanter des bornes le long des principaux axes routiers et un programme spécifique pour installer des infrastructures de recherche le long de l’autoroute 40.