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Le coréen à l’honneur... dans une boutique

Simon Dessureault | Journal de Montréal

SIMON DESSUREAULT/JOURNAL DE MONTRÉAL

Une chaîne coréenne de commerce au détail arrivée au Québec depuis quelques semaines vend des produits dont l’affichage est presque uniquement en coréen et en anglais.  

La chaîne MIEIVC possède 1400 magasins dans le monde, surtout en Asie. En septembre, elle a ouvert un premier commerce à Saint-Hyacinthe. Un second a débuté ses activités à Joliette il y a trois semaines.   

L’affichage sur les produits y est presque exclusivement inscrit en coréen et en anglais, a pu constater Le Journal. Sur certains, un autocollant derrière la boîte a été ajouté où l’on peut lire en petits caractères en français le nom du produit, de quoi il est fait et où il a été fabriqué.   

Français trop petit  

La Charte de la langue française prévoit pourtant que le français doit prédominer sur toute inscription qui est sur un produit. Le texte français peut être assorti d’une ou de plusieurs traductions, mais aucune inscription rédigée dans une autre langue ne doit l’emporter sur celle qui est rédigée en français.   

Compliqué à analyser  

 L’Office québécois de la langue française (OQLF) n’a pourtant pas pu commenter ces emballages.   

«On ne peut pas se prononcer sur ce cas précis parce que plusieurs éléments doivent être pris en compte dans une analyse», a dit Julie Létourneau, coordonnatrice des stratégies de communication.   

Michel Goulet, vice-président de MIEIVC Canada, explique que les écrits à prédominance coréenne sont là parce qu’il s’agit d’un concept coréen.   

«C’est pour préserver le côté exotique de la franchise», a-t-il expliqué.   

M. Goulet assure avoir suivi les consignes d’affichage du site internet de l’OQLF.   

«On a regardé ce qui est important de traduire. Le reste, c’est à notre goût», a-t-il dit.   

Michel Goulet a cependant été incapable de dire où sur le site web de l’Office se trouvait cette information.   

Il ajoute qu’il devra retourner voir les manufacturiers pour refaire les étiquettes.   

«On est en train de peaufiner des descriptions en plus gros en français sur ce qui est possible, mais les petits objets, c’est plus laborieux », a dit M. Goulet.   

Ce dernier a donné comme exemple un crayon pour les paupières, où il serait difficile de mettre une grosse étiquette.   

Droits des clients  

Jean-Paul Perreault, président d’Impératif français, un organisme de défense et de promotion de la langue française, croit que cette situation représente une dynamique de tensions irritantes envers les clients.   

«C’est de la bouillie pour les chats. Depuis quand est-ce que c’est exotique de ne pas respecter le Québec et de ne pas respecter la langue française?» a vivement dénoncé M. Perreault.