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Coincée en Arabie saoudite depuis 13 ans

TVA Nouvelles

La mère d’une Québécoise coincée en Arabie saoudite depuis 13 ans demande à Ottawa d’agir pour rapatrier sa fille au pays.

C’est que Johanne Durocher est sans nouvelles de sa fille depuis 54 jours et son inquiétude grandit.

«Avant, elle communiquait surtout par messages textes ou par Messenger, parce qu’au téléphone, son conjoint peut entendre quand elle parle», a expliqué la mère de Nathalie Morin, jeudi, en entrevue à LCN.

C’est au Québec que la femme de 34 ans a rencontré son conjoint, avant de le suivre jusqu’en Arabie saoudite.

Mais une fois rendue là-bas, elle a vite constaté que l’attitude de son mari avait totalement changé. «J'ai vécu et je vis toujours l'inimaginable, l'oppression et l'abus», a écrit Nathalie Morin dans sa dernière publication sur Facebook, le 16 octobre dernier.

La Québécoise a envoyé un message à ses proches 11 jours plus tard, et depuis, c'est le silence radio.

«Je n’ai pas de nouvelles, ses amis n’ont pas de nouvelles, personne n’a de nouvelles de Nathalie», a expliqué Mme Durocher.

«Même les Affaires étrangères n’arrivent pas à la rejoindre», a-t-elle ajouté.

Nathalie Morin aurait expliqué à ses proches que des publicités diffusées en Arabie saoudite affirmaient que les citoyens ne pouvaient plus entrer en contact avec les gens à l’extérieur du pays.

Est-ce que cette information vient du gouvernement ou de son conjoint?

«Je ne sais pas, elle ne m’a jamais répondu», a-t-elle confié.

Selon Nathalie Morin, ses appels téléphoniques et ses communications sont surveillés. De plus, depuis mars 2015, la Québécoise dit ne plus «exister» en Arabie saoudite.

«Mon numéro d'identification est bloqué dans le système informatique du pays et j'ai été complètement effacée. Mon numéro d'identification ne répond plus et je n'ai plus aucune existence légale», a écrit la mère de quatre enfants sur Facebook en octobre.

«C'est comme si jamais je n'étais venue, ni partie, ni morte. Tout simplement comme si je n'avais jamais existé», a-t-elle ajouté sur les réseaux sociaux.

Le conjoint de Nathalie Morin ne peut pas lui non plus quitter l’Arabie saoudite. «C’est un espèce de hors-la-loi, il ne peut pas quitter l’Arabie saoudite», a expliqué la mère de la Québécoise.

«Mais son gouvernement le protège quand même d’une femme. Il a encore tous ses droits sur sa femme et ses enfants», a-t-elle précisé, avant d’ajouter que l’Arabie saoudite est «le seul pays au monde où la femme ne peut pas sortir sans la signature de son mari».

Selon Mme Durocher, le Canada n’a jamais voulu se mêler du dossier de sa fille, par peur de détériorer les relations diplomatiques avec l’Arabie saoudite.

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