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500$ de stationnement en un mois pour visiter leur père

« C’est abuser des gens », dénonce Daniel Leblanc, qui a dépensé près de 30 $ au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) depuis deux jours. Son épouse et lui sont allés à l’hôpital passer quelques heures avec leur premier petit-fils né à Noël.  

Lui-même médecin, il croit que les patients devraient même pouvoir profiter des premières heures gratuitement.  

Vendredi, Caroline Desjardins et son frère estimaient avoir payé environ 500 $ en stationnement au CHUM depuis un mois. Leur père est hospitalisé aux soins palliatifs et ils paient le tarif maximal de 24 $ la semaine et de 8 $ la fin de semaine.  

« Je n’ai pas d’autre choix que de venir », souffle la femme de 25 ans, déterminée à vivre ces moments aux côtés de son père, même si le dernier mois a créé un immense trou dans son budget d’étudiante.  

Une différence  

Autant pour elle que pour M. Leblanc, le plafonnement de 7 $ à 10 $ par jour promis par la Coalition avenir Québec en campagne électorale doit être une priorité.  

« Ça ferait une différence pour tout le monde », dit Mme Desjardins.  

Surtout que le printemps dernier, Le Journal rapportait que les établissements du système de santé ont empoché des profits d’environ 70 M$ l’an dernier avec leur stationnement. Ces sommes inscrites dans les rapports financiers sont celles qui leur reviennent une fois la gestion et l’entretien payés.  

« Il y a une attente qui est là depuis fort longtemps », remarque le président du Regroupement provincial des comités des usagers, Claude Ménard, d’autant que la CAQ a milité pour réduire les tarifs pendant de longues années avant d’accéder au pouvoir.  

Avant Noël, l’attaché de presse de la ministre de la Santé, Danielle McCann, a assuré que le gouvernement « a bien l’intention de respecter son engagement ». Toutefois, Alexandre Lahaie ne pouvait pas préciser l’échéancier, ajoutant plutôt que l’accès aux soins était la priorité.  

Pourtant, les prix pouvant atteindre 24 $ pour quatre heures bloquent l’accès aux soins, selon Amy Ma, vice-présidente du comité des usagers du Centre universitaire de santé McGill.  

Une vraie barrière  

« C’est une vraie barrière pour quelqu’un qui a une maladie chronique », dit-elle.  

Mère à faible revenu d’un garçon atteint de sclérose en plaques, Nancy LeBlanc se souvient qu’elle devait reporter des rendez-vous pour son fils pendant des années, car elle n’avait pas d’argent pour le stationnement.  

« C’est un stress immense [...] et tu te sens coupable », déplore-t-elle.

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