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Deux livraisons par drone interceptées

Arnaud Koenig-Soutière | Agence QMI

white drone hovering in blue sky

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Le pénitencier fédéral de Donnacona a été ciblé par au moins deux livraisons par drone, dans la nuit de mercredi à jeudi, dont une qui se serait faite directement à la fenêtre d’une cellule, a appris «Le Journal».

Un drone a d’abord été détecté vers 5 h 30. Deux agents correctionnels ont vu l’objet volant muni de cordes qui transportait un colis. Le paquet a finalement été abandonné sur le toit.

Fouille

Cet incident a mis la puce à l’oreille des autorités carcérales, qui ont ensuite procédé à la fouille d’une rangée de cellules où séjournent une dizaine de détenus.

L’une des cellules avait une fenêtre fracassée et des produits venant de l’extérieur y ont été trouvés, laissant croire aux agents qu’un deuxième drone s’est aventuré dans l’enceinte du pénitencier durant la nuit pour livrer directement derrière les barreaux.

La dizaine de détenus ainsi que leur cellule respective ont été fouillés, ce qui a permis de trouver d’autres produits non autorisés.

Parmi les objets retrouvés se trouvaient 29 cartons de tabac, trois téléphones cellulaires, un appareil WiFi, deux cartes SIM, deux chargeurs de téléphone portable, de la drogue et des stéroïdes.

Le paquet retrouvé sur le toit a une «valeur institutionnelle» de 45 000 $, c’est-à-dire la valeur de la cargaison sur le marché noir entre les murs de la prison.

Pas équipés pour les drones

Si les livraisons sont généralement larguées dans la cour intérieure de la prison, celles qui se font directement aux fenêtres des cellules, comme ce fut le cas dans la nuit de mercredi à jeudi, s’observent «de plus en plus souvent», a relevé le président du syndicat des agents correctionnels du Québec, Frédérick Lebeau, lorsque joint par «Le Journal».

M. Lebeau a rappelé qu’aucune technologie n’est à la disposition des forces carcérales pour détecter et intercepter les drones, critiquant par le fait même le «retard» dans le processus d’appel d’offres de Service correctionnel Canada pour remédier au problème.

«Les drones, c’est une technologie qui évolue vite. Ils peuvent livrer beaucoup de choses : des armes, des cellulaires, de la drogue, des munitions. C’est toujours inquiétant, surtout qu’on les détecte plus souvent qu’autrement par chance [...] Pour nous, c’est pratiquement impossible de détecter ça», a déploré le président du syndicat.

M. Lebeau ajoute qu’il est aussi «impossible» de savoir exactement la fréquence des visites de drones dans l’enceinte du pénitencier. «On peut quantifier ceux qu’on saisit. Mais ceux qu’on ne saisit pas, on ne les voit pas venir. C’est impossible de savoir», s’inquiète-t-il.

Avec la collaboration de Nicolas Saillant