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Les 10 affaires judiciaires marquantes en 2018

Maxime Deland | Agence QMI

Les juges et les avocats n’ont pas chômé en 2018. Les palais de justice du Québec ont connu leur lot de procès souvent sordides et parfois déroutants. Voici une sélection des 10 affaires judiciaires les plus marquantes de 2018 au Québec. 

1 - La saga Rozon 

Bien que le scandale éclaté l’année dernière, la saga entourant Gilbert Rozon s’est poursuivie en 2018 avec le développement des procédures judiciaires. Au final, l’ex-patron de Juste pour rire devra répondre à des accusations d’agression sexuelle pour un présumé viol remontant à 1979, ont annoncé les autorités en décembre. Or, les allégations criminelles des 13 autres femmes, qui ont aussi intenté une action collective de plus de 10 millions $, n’ont pas été retenues. 

2 - Bertrand Charest fait appel de sa sentence 

Un mois après avoir été reconnu coupable de 37 crimes sexuels sur neuf victimes, l’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest a fait appel de sa sentence en janvier. L’agresseur estime que la justice a exagéré en le condamnant à 12 ans de prison, un avis que la Couronne ne rejette pas entièrement. Dans l’attente d’un possible nouveau procès, trois de ses victimes ont déposé une poursuite contre Alpin Canada, soutenant que la fédération nationale avait tenté d’étouffer le scandale. 

3 - Scandale du CUSM: La prison pour Yanaï Elbaz 

Le plus grand scandale de corruption au pays a connu un nouveau développement tout juste avant les Fêtes, alors qu’un ancien dirigeant du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a reçu sa sentence. Yanaï Elbaz a été condamné à 39 mois de prison pour avoir magouillé afin d’accorder un contrat de 1,4 milliard $ à SNC-Lavalin. Même si l’homme de 49 ans a reçu 10 millions $ en pots-de-vin, la justice ne compte pas l’ordonner à effectuer un remboursement pour l’instant. 

4 - Bissonnette plaide coupable 

Un peu plus d’un an après l’effroyable attaque à la grande mosquée de Québec, le responsable du massacre Alexandre Bissonnette a plaidé coupable aux 12 chefs d’accusations de meurtres portées contre lui. Le 8 février prochain, Bissonnette sera fixé sur son sort. La Couronne réclame 150 années de prison, alors que la défense demande une peine à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. 

5 - Court séjour derrière les barreaux pour Accurso 

En février, l’entrepreneur déchu Tony Accurso a été blanchi des accusations d’abus de confiance qui pesaient contre lui. Or, à l’été, le sexagénaire a cette fois été condamné à quatre ans de prison, notamment pour corruption, fraude et complot. Sa demande en appel lui a toutefois permis de ne passer qu’une petite semaine derrière les barreaux, comme il a été libéré pendant les procédures. 

6 - Rizzuto acquitté de gangstérisme 

Le fils de l’ex-parrain de la mafia montréalaise Vito Rizzuto a franchi les portes du palais de justice de Montréal à de nombreuses reprises cette année afin de répondre aux graves accusations criminelles qui pesaient contre lui. Leonardo Rizzuto a été acquitté de gangstérisme après avoir réussi à convaincre un juge que les policiers avaient violé le secret professionnel en l’enregistrant dans un bureau d’avocats. Des accusations de possession d’arme et de cocaïne pèsent toujours contre l’homme de 49 ans. 

7 - Zampino blanchi sur toute la ligne 

Au terme d’une longue et fastidieuse enquête de quatre ans, l’ex-président du comité exécutif de Montréal Frank Zampino a été blanchi sur toute la ligne au printemps. Il a donc été impossible pour la Couronne de prouver que Zampino avait manigancé pour avantager les Constructions Frank Catania pour le coûteux projet immobilier du Faubourg Contrecœur. 

8 - Guy Turcotte, suite et fin 

La saga Guy Turcotte s’est finalement terminée au milieu de l’été, une dizaine d’années après que l’ancien cardiologue eut poignardé à mort ses deux enfants de 46 coups de couteau. Condamné à la prison à vie sans possibilité de libération avant 17 ans, Turcotte s’est vu refuser une réduction de peine en juin par la Cour d’appel. Un mois plus tard, il a décidé d’accepter sa sentence en annonçant qu’il mettait officiellement fin à ses démarches judiciaires. 

9 - La porno juvénile, de «l’art» pour André Faivre 

À l’automne, ce fut au tour du responsable du «club social de pédophile» de recevoir sa sentence. André Faivre, 70 ans, a été reconnu coupable de pornographie juvénile, contacts sexuels, attentat à la pudeur et grossière indécence. Affirmant que ses pratiques déviantes et ignobles devraient être considérées comme de «l’art», le pédophile réclame un nouveau procès. Pour sa part, la Couronne compte bien le faire déclarer délinquant dangereux. 

10 - Un sabotage qui lui vaut sept ans de prison 

L’ancien «pilote des stars», Normand Dubé, accusé d’avoir saboté les lignes d’Hydro-Québec et causé des pannes chez près de 200 000 usagers en 2014, a été condamné tout récemment à passer les sept prochaines années dans une cellule. Environ une semaine après le prononcé de sa peine, Dubé a été libéré en attendant les procédures d’appel.