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Il offre une maison à ses parents pour Noël

Arnaud Koenig-Soutière | Agence QMI

Un Lévisien de 50 ans a offert un cadeau de Noël hors norme à ses parents en leur payant une maison à quelques pas de chez lui pour prendre soin d’eux, profitant au passage de la générosité des vendeurs qui, touchés par l’initiative, ont ignoré des offres plus avantageuses.

Stéphane Nadeau, qui travaille au siège social de Desjardins à Lévis, couvait l’idée d’offrir une maison à son père Paul-Eugène et à sa mère Paulette depuis deux ans. Il voulait ainsi les rapprocher de chez lui et des différentes ressources, eux qui ont multiplié les séjours à l’hôpital dernièrement et qui vivent depuis toujours à Lac-Etchemin.

«Pas prêt»

Les parents et leur fils de 50 ans lorgnaient d’abord une maison bigénérationnelle. Sauf qu’une fois la perle rare trouvée, Paul-Eugène se montre réticent. Sa femme et lui décident plutôt de vendre la maison de Lac-Etchemin et de s’y acheter un condo. «Je n’étais pas prêt à m’en venir à Lévis tout de suite. Mais après, j’ai compris que je n’étais pas fait pour vivre en appartement», ressasse Paul-Eugène, 83 ans.

Puis, «les astres se sont alignés», affirme Stéphane, qui a réservé la surprise pour ses parents. Les vendeurs ont été touchés par ce geste au point où ils ont préféré lui vendre, faisant fi d’autres offres plus avantageuses. Il ne reste plus qu’à fignoler les derniers détails chez un notaire avant la prise de possession le 1er mars.

«Il nous surprotège un peu. Nous emmener ici, c’est le comble! On était malheureux là-bas. Quand il arrivait un problème de santé, c’était loin», s’illumine Paulette, 80 ans, rebutée par les CHSLD où elle a travaillé toute sa vie comme préposée.

«En tant que parent, même si ça coûte 4000 $ par année pour le hockey des enfants, tu payes et tes enfants vont être heureux. Moi, c’est l’inverse. Quand bien même que ça me coûterait 4000 $ par année pour qu’ils soient bien et heureux dans leur maison, c’est juste un retour du balancier», illustre Stéphane.

«On était loin et on avait beaucoup de marches dans la maison. En étant ici, il n’y a pas de marches et s’il arrive quelque chose [Stéphane] est proche», se réjouit Paul-Eugène.

Repos, puis les travaux

Stéphane est le dernier des enfants à pouvoir veiller sur ses parents. Ses deux frères ont perdu la vie, l’un sur la route en 1984 et l’autre sur la table d’opération en 2009. Quant à sa sœur, elle vit depuis plusieurs années au Texas, où elle enseigne à l’université, et ne revient que très rarement au Québec.

Le 21 décembre 2017, un infarctus a fait craindre le pire. «Je me disais que je ne pouvais pas faire vivre ça à mes parents», se remémore l’homme de 50 ans, qui devra passer sous le bistouri en janvier pour se soumettre à plusieurs pontages au cœur.

«C’est la convalescence qui me tanne le plus. C’est un mauvais “timing” : il y a des réparations à faire sur la maison et je veux les faire moi-même», assure Stéphane, qui a les yeux rivés sur le futur chantier en dépit de l’opération qui l’attend.