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Un joueur de la LNH au Parlement

Geneviève Lajoie | Journal de Québec

Simon Clark/Agence QMI

La scène politique québécoise était mûre pour repêcher des athlètes, estime l’ex-joueur de la Ligue nationale de hockey (LNH) Enrico Ciccone, qui a fait ses premiers pas comme député à l’Assemblée nationale cet automne.

«Il y avait un manque, lance le nouvel élu libéral de Marquette, en entrevue avec notre Bureau parlementaire. Il était temps parce que c’est la maison du peuple et je pense que toutes les sphères doivent être représentées ici. Ce n’est pas juste l’élite qui doit être ici, ce n’est pas juste l’avocat, le médecin, le comptable, ce n’est pas juste ça qui doit être ici.»

Le grand gaillard de 6 pi 5 po détonne dans les corridors du parlement, où il peine encore à retrouver son chemin.

L’ancien goon signale que l’Assemblée nationale compte désormais pas un, mais deux anciens sportifs de haut niveau. La triple médaillée olympique Isabelle Charest s’est aussi lancée en politique pour la CAQ et occupe le siège de ministre déléguée à l’Éducation.

À titre de porte-parole de l’opposition libérale en matière de sports, de loisirs et de saines habitudes de vie, Enrico Ciccone est l’adversaire direct de l’ex-patineuse de vitesse, qu’il connaît bien pour l’avoir côtoyée dans son ancienne vie.

«Moi et Isabelle, on sait c’est quoi l’adversité, on sait c’est quoi échouer, on sait c’est quoi gagner, on sait c’est quoi travailler en équipe. Dans le sport, contrairement aux autres sphères, que ce soit la santé ou l’économie, le sport c’est rassembleur. C’est sûr qu’Isabelle, elle va en avoir des questions, mais je lui tends la main.»

Salle d’entraînement

Puisqu’il pilote le dossier des saines habitudes de vie, il se sent investi de la responsabilité de donner l’exemple en cette matière. C’est d’ailleurs pour maintenir une bonne hygiène de vie qu’il a choisi de prendre un appartement à Québec, au lieu de loger à l’hôtel comme le font certains élus quand le Parlement siège.

Pour garder la forme, Enrico Ciccone a également commencé à s’entraîner dans la salle de musculation de l’Assemblée nationale, qu’il trouve d’ailleurs très peu invitante. «J’ai demandé un rendez-vous [avec le président à ce sujet]», confie-t-il.

«Ça se crie des bêtises!»

Le député de Marquette a brisé la glace cet automne au Salon bleu. S’il était jadis un adepte des reprises du Canal de l’Assemblée nationale les samedis matin, au grand dam de sa conjointe, Enrico Ciccone a eu tout un choc en vivant ses premières périodes de questions.

Le grand gaillard de 6 pi 5 po détonne dans les corridors du arlement, où il peine encore à retrouver son chemin. je me suis dit: “Voyons donc, c’est quoi cette affaire-là?!” Tu ne le vois pas à la télévision, ça! Moi, j’ai trouvé ça archi-indiscipliné. Ça ne répond pas aux questions, ça jacasse, et ça essaye de déranger l’autre. Moi je me disais: “On peut-tu le laisser répondre, on peut-tu écouter la question?” Moi, dans ma tête, c’est un minimum de respect!»

Justement, son voisin de bureau à l’Assemblée nationale est nul autre que l’ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette, qui ne laisse pas sa place en chambre. L’ex-hockeyeur ne cache pas son admiration pour ce redoutable parlementaire. «Il est vraiment, vraiment bon. Moi, j’espère juste être capable d’être aussi à l’aise», dit-il.

Commentateur sportif

Enrico Ciccone constate que les aptitudes requises pour la joute politique s’apparentent aux qualités qu’exige le rôle de commentateur sportif, un métier qu’il a exercé pendant 18 ans après sa carrière dans la LNH.

«Moi, j’avais un certain talent quand j’étais à la TV, pour remplir. Moi, je peux te parler de hockey pendant une demi-heure sans arrêt pis je vais rien dire, je vais tourner en rond. C’est un art que tu développes [...] et je m’aperçois qu’ici, c’est ça beaucoup, il faut que tu remplisses du temps.»

Pourquoi twittez-vous systématiquement en français et en anglais ?

«Moi je veux me faire servir en français. J’ai ce petit côté nationaliste là, assume-pas que je parle une autre langue! Cependant, tu respectes ceux qui t’ont élu. Il y a 40% de mon comté qui est anglophone. Moi, mon boss, ce n’est pas M. (Pierre) Arcand, mon boss, c’est M. Smith et Mme Tremblay»

Qu’est-ce qui vous a surpris au lendemain de l’élection?

«Aussitôt que ta face est sur un poteau, c’est monsieur Ciccone. Il n’y a jamais personne qui m’a appelé monsieur Ciccone. Tout le monde me reconnaît comme Cicco, et là, du jour au lendemain, c’est monsieur Ciccone. Pourtant, je ne suis pas différent, c’est encore le même gars, qui fait exactement les mêmes affaires, qui prenait position pour le bien des jeunes (...). Monsieur Ciccone, je suis bien mal à l’aise avec ça»

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