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Saga du «F.-A. Gauthier»

La gestion de la Société des traversiers du Québec critiquée

André Normandeau | TVA Nouvelles

La MRC de Manicouagan dénonce la gestion de crise entourant le traversier «F.-A. Gauthier» par la Société des traversiers du Québec (STQ).

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Depuis jeudi, les entreprises de Baie-Comeau et des environs doivent passer par Québec pour rejoindre la rive sud du fleuve Saint-Laurent, faute de traversier. Il s’agit d’un détour de plus de 800 kilomètres. 

Mais le préfet de la MRC de Manicouagan affirme que la STQ aurait pu utiliser le traversier-rail George-Alexandre Lebel. 

«Autant à la Société du port ferroviaire de Baie-Comeau (SOPOR) qu’au CN, on était convaincus d’être sollicités par la STQ. La STQ n’a fait aucune démarche envers le CN ni envers la SOPOR pour améliorer la desserte. C’est reconnu qu’en plus de traverser des wagons de marchandises, le bateau peut transporter des camions. Il aurait pu utiliser ce moyen-là pour desservir la Côte-Nord, la rive sud au complet», a souligné Marcel Furlong. 

Une porte-parole de la Société des traversiers du Québec confirme que les responsables du traversier-rail ont bel et bien été contactés dès le début, mais qu'il leur était impossible d'offrir un service de transport adéquat.

Le préfet estime qu’un ménage doit être fait à la Société des traversiers du Québec. 

L’élu dénonce d’ailleurs la gestion de crise inefficace de l’organisation. 

De son côté, le maire de Godbout souligne que les deux seuls commerces de son village sont touchés par l’arrêt du traversier. Le restaurant a dû diminuer les heures d’ouverture. 

«C’est un village touristique. Ça préoccupe les petits gîtes qu’il y a ici. Il y a moins d’achalandage, il n'y a plus de motoneiges qui traversent. On a les deux mains attachées, nous la municipalité», a rapporté le maire Jean-Yves Bouffard. 

Quant à la Chambre de commerce de Manicouagan, elle déplore la situation pour les entreprises qui doivent transporter de l’équipement entre les deux rives et pour leurs travailleurs qui sont pris en otage.