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Le taux de chômage grimpe légèrement au Québec

Agence QMI

Le taux de chômage a légèrement augmenté en décembre au Québec, passant à 5,5 %, en hausse d’un dixième de point de pourcentage par rapport à novembre dernier.

«Après une croissance robuste en 2017, l'emploi au Québec était inchangé en 2018. Le nombre de personnes à la recherche de travail ayant augmenté, le taux de chômage a connu une hausse de 0,5 point de pourcentage pour passer à 5,5 % à la fin de 2018», a indiqué Statistique Canada, vendredi, au moment de faire le bilan du mois de décembre et de l’année qui vient de s'achever.

Le mois dernier, le Québec n’a créé que 3700 emplois, ce qui a fait dire à Desjardins que «l’emploi piétine».

L’Institut du Québec note lui aussi une stabilité du marché de l’emploi.

«Malgré la faible création d’emploi au Québec en décembre, la vigueur du marché du travail est stable puisque la plupart des indicateurs sont en hausse: le taux d’emploi des 25 à 54 ans est stable sur un an et la situation du chômage de longue durée s’est améliorée. Le taux d’activité est toujours en baisse à cause du vieillissement de la population», a indiqué Jean-Guy Côté, directeur associé de l’Institut du Québec.

«La qualité des emplois au Québec est encore en baisse, mais les indicateurs se sont stabilisés depuis juillet. Bien que la situation des travailleurs à temps partiel involontaires et des travailleurs temporaires se soit améliorée, la croissance des salaires est toujours décevante malgré une conjoncture économique favorable», a-t-il poursuivi.

Le gouvernement du Québec se montre positif en ce début d’année.

«On est optimistes pour 2019, c’est sûr que la croissance selon les experts va peut-être être réduite un peu, mais on va avoir une croissance positive», a dit Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation, de passage sur le plateau de LCN vendredi matin.

«Une des pierres angulaires de la croissance va être l’investissement en technologie et en équipements, car on a un écart de productivité assez important par rapport aux États-Unis et à l’Ontario. En investissant plus en innovation, en numérique, ça va optimiser notre main-d’œuvre», a-t-il poursuivi.

Un record à l'échelle canadienne

À l’échelle canadienne, le taux de chômage est demeuré stable, à 5,6 %, soit tout juste au-dessus de celui de la Belle Province. Avec une moyenne pour l’année de 5,8 %, le Canada obtient son meilleur score depuis 1976.

L’Ontario a connu un mois de décembre pour le moins efficace alors que son taux de chômage est passé de 5,6 % à 5,4 % en un mois, grâce à la création de 17 600 emplois.

De décembre 2017 jusqu’à décembre 2018, 77 500 emplois ont été créés en Ontario et le Québec affiche un bilan négatif, avec -300 postes.

«[...] Il deviendra difficile de compresser le taux de chômage dans les années qui viennent avec la rareté de main-d’œuvre, qui risque de limiter les embauches. Toutefois, le niveau annuel du taux de chômage en 2019 pourrait s’établir à 5,7 %», a indiqué Joëlle Noreau, économiste principale de Desjardins.

Plus d’emplois pour les femmes

Au sein du principal groupe d'âge actif, les 25 à 54 ans, l'emploi a progressé davantage pour les femmes (+126 000 ou +2,2 %) que pour les hommes (+61 000 ou +1,0 %) au pays.

«À la fin de l'année, le taux de chômage pour ce groupe d'âge était de 4,6 % chez les femmes et de 4,8 % chez les hommes», a indiqué Statistique Canada.

Ces 12 derniers mois, d’un océan à l’autre, il s’est créé 163 300 emplois (+0,9 %) et le nombre d’heures travaillées a crû de 0,9 %.

«Dans la mesure où l’activité économique demeurera dynamique en 2019, et c’est ce qui est attendu au Canada et en Amérique du Nord, le marché du travail canadien fera face à un défi important. Il devra répondre à deux demandes pressantes. La première provient des départs à la retraite et des remplacements. La seconde est issue de la croissance économique qui génère de nouveaux emplois. La rareté, voire la pénurie, de main-d’œuvre posera encore la question de la surenchère sur les salaires et celle de la compétitivité des entreprises canadiennes», a ajouté Joëlle Moreau.