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Les profs décrocheurs influent sur les élèves

Daphnée Dion-Viens | Agence QMI

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Le décrochage des enseignants peut aussi mener au décrochage de leurs élèves.

C’est du moins un résultat «inédit» tiré d’une étude menée par Thierry Karsenti, directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE), en collaboration avec une dizaine de chercheurs.

Cette recherche est l’une des premières à démontrer un «lien direct» et «significatif», sur le plan statistique, entre l’intention des élèves du secondaire de quitter l’école et le décrochage de leurs enseignants.

Sur les 400 élèves du secondaire interrogés au début et à la fin de l’année scolaire, ceux dont au moins un enseignant de français ou de mathématique avait quitté l’école au cours de l’année avaient davantage l’intention d’abandonner leurs études que les autres.

«Ç’a un impact pour diverses raisons, explique Thierry Karsenti. Si un jeune n’est pas intéressé par l’école et que son enseignant s’en va, ce ne sont pas les suppléants qui vont être les mieux placés pour le raccrocher à l’école.»

Les chercheurs vont même plus loin en affirmant que les efforts faits pour retenir les enseignants peuvent avoir «un impact majeur sur la réussite de tous leurs élèves», peut-on lire.

Ce résultat a été obtenu dans le contexte d’une étude qui portait sur les mesures à mettre en place pour prévenir le décrochage des enseignants dans les écoles en milieu défavorisé.

25 % abandonnent

Plusieurs recherches révèlent que près de 25 % des nouveaux enseignants quittent la profession au cours des sept premières années.

Dans un contexte de pénurie, il devient particulièrement important de donner un coup de pouce aux nouveaux enseignants, indique M. Karsenti.

«On parle beaucoup de pénurie ; où va-t-on aller chercher tous ces enseignants s’il y en a autant qui continuent de quitter ? Il y a plusieurs solutions à mettre en place», affirme-t-il.

Résoudre le problème

La mise en place d’un système de mentorat, qui permet à des enseignants d’expérience d’épauler des collègues moins expérimentés, fait partie des solutions efficaces répertoriées.

Chaque nouvel enseignant devrait aussi jouir d’un plan de soutien individualisé, qui pourrait comprendre un horaire de travail allégé. Dans la mesure du possible, les classes les plus difficiles ne devraient pas être attribuées aux recrues, peut-on lire.

Les directions d’école devraient aussi valoriser davantage le travail de leurs enseignants, y compris les moins expérimentés, affirme M. Karsenti.