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Geneviève Pettersen : de la radio... à la bédé!

Nicolas Fauteux | Agence QMI

COURTOISIE/LOUISE DELISLE

Avec son blogue de «Madame Chose», ses chroniques dans «La Presse» et «Châtelaine», ses romans, dont un adapté au théâtre, ses scénarios pour la télévision, qui lui ont valu une nomination aux Gémeaux, et son émission quotidienne à QUB radio, on peut dire que Geneviève Pettersen est une artiste polyvalente. Mais voilà qu’elle se lance dans le roman graphique pour les jeunes

Geneviève, quand on regarde tout ce que vous avez à votre actif, il peut sembler un peu difficile de vous cerner comme artiste...

C’est vrai que j’ai eu un parcours particulier. À l’université, j’ai étudié en sociologie et je me suis retrouvée à travailler pour des magazines, puis pour une agence de publicité. Mais il me manquait un côté créatif, et c’est comme ça que j’ai créé le blogue de «Madame Chose». C’était ma passion. Puis le bouche-à-oreille a opéré, les gens ont commencé à en parler, et «La Presse» m’a engagée pour un courrier du coeur. Sauf que j’avais malgré tout de la difficulté à joindre les deux bouts et je me demandais quoi faire.

C’est à ce moment-là que la création de romans est entrée dans votre vie?

Exact. J’ai écrit «La déesse des mouches à feu», qui a eu du succès autant sur le plan de la critique que sur celui des ventes, suivi de «Vie et mort du couple: du dating au divorce». On m’a invitée à des émissions de télévision et de radio pour en parler, et c’est là que les gens se sont aperçus que j’avais une grande gueule! (rires) On m’a donc offert de parler de différents sujets dans les médias et on m’a confié une émission à QUB radio — que j’anime tous les jours avec Vanessa Destiné. Tout ça jumelé à l’écriture de scénarios, aux livres et au théâtre. C’est devenu la vie que j’ai aujourd’hui.

À cela, on peut maintenant ajouter les romans graphiques avec la publication de «13e Avenue».

Je suis une tête de cochon et je fais ce qui me tente. Ç’a été le cas, entre autres, pour le théâtre: quand j’ai envie de quelque chose, je le fais. Sauf que lorsque l’éditeur La Pastèque m’a sollicitée pour que je participe à la création d’un roman graphique, ma réponse a été : «Non!» Puis je me suis mise à réfléchir et à penser à mes enfants (Geneviève a trois enfants, de 11, 8 et 3 ans, NDLR) et à me souvenir de ma propre enfance dans les ruelles de Rosemont.

Cela vous a-t-il amenée à changer d’idée?

Oui, car, contrairement à l’opinion que beaucoup de gens peuvent avoir, moi, j’ai toujours cru que c’était une bonne chose de grandir en ville. Je ne dis pas que c’est mieux qu’à la campagne, mais il y a des avantages, une magie... J’en suis venue à la conclusion que je voulais partager ça avec mes enfants et qu’un roman graphique — qui raconte l’histoire d’un jeune garçon qui grandit en milieu urbain — serait une bonne façon de le faire.

Quel a été le processus de création de «13e Avenue»?

Pour commencer, il fallait une histoire... et moi j’en ai toujours mille dans la tête. Mais ça faisait longtemps qu’un fait divers me hantait: l’histoire d’un petit garçon qui a perdu son père dans un accident de travail. Je me suis mise à réfléchir aux conséquences de ce drame sur sa vie. On m’avait demandé d’écrire une histoire de 5000 mots, j’en ai écrit 22 000!

Les dessins sont venus par la suite...

Oui, et ils ont été réalisés par François Vigneault, un artiste vraiment fantastique. C’est lui qui a mis la magie dans tout ça et son style a un côté réaliste qui nous donne l’impression de vraiment être dans le quartier de Rosemont!

On remarque un côté autobiographique dans votre livre. Comme le personnage principal, vous avez aussi été déracinée du Saguenay quand vous étiez jeune pour venir vous installer à Montréal.

C’est vrai, mais il y a toujours un peu de ça dans n’importe quel roman. Dans mon cas, je parle aussi du sentiment de danger que je ressentais en arrivant dans «la grande ville», l’impression absurde que tout le monde allait me tuer. Mais ce qui m’intéresse surtout, quand j’écris, ce sont les moments de transition dans une vie. Dans «13e Avenue», Alexis est un préadolescent qui arrive au secondaire — ce qui est évidemment une période de grands changements. On retrouve une grande richesse dans les transmutations qu’on peut vivre à cet âge.

Y aura-t-il une suite à ce premier roman?

En fait, il y en aura cinq. Une pour chaque année de secondaire d’Alexis. Le second livre de la série sera publié l’an prochain.

À propos, quelle est la différence entre un roman graphique et une bande dessinée?

Honnêtement, c’est la même chose. C’est simplement une façon plus littéraire de nommer ça.

«13e Avenue», aux éditions de La Pastèque, est offert en librairie. Geneviève coanime «Les effrontées» sur QUB radio, en semaine, 9 h.