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Le milieu communautaire peine à retenir ses employés

Jennifer O'Bomsawin | TVA Nouvelles

Plusieurs organismes communautaires peinent à recruter du personnel pour répondre à la demande de leur clientèle en raison de la pénurie de main-d’œuvre. Et le problème est le même quand vient le temps de retenir les employés.

«Entre un emploi à salaire X et [un emploi] dans le communautaire, où les salaires sont souvent un peu plus bas, les gens vont aller vers un autre endroit», évoque Laurence Bolduc, coordonnatrice à la Maison des jeunes L’Évasion.

À cet endroit, c’est près de sept intervenants par année qui quittent leur emploi.

«Ça fait en sorte que les jeunes peuvent vivre de moins belles expériences parce qu’on est en roulement. Parfois, on est obligés de fermer une semaine parce que les gens s'en vont et il faut en embaucher d’autres», poursuit Mme Bolduc.

C’est une situation que vivent plusieurs autres organismes, dont Autisme Québec, qui depuis les dernières semaines, cherche à pourvoir une dizaine de postes. La préoccupation est telle qu’on craint de mettre en péril certains services.

«Les employés sont souvent des étudiants qui travaillent dans le domaine de l’humain et qui terminent leurs études. Donc on a un roulement de personnel qui est quand même assez important. La rétention et le recrutement de personnel, c’est très préoccupant», note la directrice des services de l’organisme Marie-Joëlle Langevin.

Chez Moisson Québec, ce sont les camionneurs qui sont parfois difficiles à recruter.

«Les groupes communautaires vivent les mêmes réalités (que les autres employeurs), mais on n’a pas nécessairement les mêmes outils pour attirer et conserver les ressources humaines», avance Élaine Côté, directrice générale de Moisson Québec.

Les organismes communautaires montrent du doigt le sous-financement comme principal responsable de cette pénurie. Avec un manque de financement, ils ne sont pas en mesure de fournir un salaire compétitif à leurs employés qui gagnent en moyenne 18 dollars l’heure.

La pénurie de main-d’œuvre peut d’ailleurs mener à l’épuisement professionnel. Plus de 150 organismes à travers la province ont signé une pétition pour dénoncer ce phénomène.