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Les filles plus affectées par les réseaux sociaux que les garçons

Agence QMI

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Mirko - stock.adobe.com

Les adolescentes passent beaucoup plus de temps et sont beaucoup plus affectées par les réseaux sociaux que les garçons, montre une vaste étude britannique réalisée grâce aux réponses de près de 11 000 jeunes d'environ 14 ans.

Nombre d'heures passées sur les réseaux sociaux, harcèlement en ligne, nombre d'heures de sommeil, estime de soi, dépression: les indicateurs analysés par les chercheurs se sont tous avérés plus négatifs pour les filles que les garçons.

Les réseaux sociaux, que l'on pense à Facebook, Twitter, Snapchat ou encore Instagram, sont omniprésents dans la vie des adolescents britanniques. Environ 96,4 % des adolescentes et 89,8 % des adolescents approchés pour l'étude naviguaient sur ces réseaux. Toutefois, si seuls 21,9 % des garçons y consacraient plus de trois heures par semaine, ce taux grimpait à 43,1 % chez les filles. Le quart des adolescentes admettaient même passer même plus de cinq heures par semaine sur les réseaux sociaux.

En moyenne, 23,6 % des 5496 filles sondées éprouvaient des symptômes cliniques pouvant être associés à une dépression. Ce taux augmentait constamment avec l’augmentation du nombre d’heures passées sur les réseaux sociaux, passant de 11,2 % chez les adolescentes déclarant ne pas naviguer sur ces réseaux sociaux à 38,1 % chez celles qui y consacrent plus de cinq heures par semaine.

En comparaison, seuls 8,4 % des 5408 garçons consultés pour l'étude éprouvaient de tels symptômes. Ce taux ne dépassait pas 7,4 % pour ceux se limitant à moins de trois heures par semaine, mais atteignait 14,5 % pour ceux dépassant cinq heures.

Par ailleurs, les adolescentes qui passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux sont beaucoup plus susceptibles que les autres d'être à la fois intimidées et d'intimider autrui en ligne. Par contre, ce sont les utilisateurs modérés des réseaux sociaux - qui y consacrent moins de trois heures par semaine - qui vivent et font vivre le plus de harcèlement chez les garçons.

Ces sites nuisent aussi au sommeil, alors que 44,6 % des filles et 22,1 % des garçons qui y consacrent plus de cinq heures par semaine dorment moins de sept heures par jour.

Les filles qui passent plusieurs heures sur les réseaux sociaux ont aussi une plus grande tendance à avoir une faible estime de soi et à se montrer insatisfaites de leur apparence et de leur poids.

Ce n'est pas la première fois qu'une étude établit un lien entre les symptômes dépressifs et les réseaux sociaux. Celle-ci offre toutefois un portrait global de la situation basé sur un nombre important d'adolescents.

Les chercheurs estiment que ces données reflètent le besoin d'amener des programmes promouvant l'estime de soi dans les écoles et expliquant comment naviguer sur le web de façon sécuritaire. Les parents pourraient aussi envisager de limiter le temps d'utilisation des réseaux sociaux, par exemple en imposant un couvre-feu ou en retirant les appareils électroniques de la chambre de leur enfant.

L'étude réalisée par des chercheuses de l'University College de Londres et de l’Université de l’Essex a été publiée vendredi dans la revue spécialisée «The Lancet».