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Encore des conséquences pour les agriculteurs

Vanessa Limoges | TVA Nouvelles

Hay bale in the countryside

Željko Radojko - stock.adobe.com

L'année 2018 a été vraiment difficile pour les agriculteurs du Bas-Saint-Laurent. Même en ce début janvier, les producteurs subissent encore les contrecoups de la sécheresse estivale alors que le foin se fait de plus en plus rare.

«Je dirais que c'est extrêmement difficile, il n'y a plus de foin disponible dans la région. Il y en a plus loin, en Montérégie ou encore au Nouveau-Brunswick», a lancé le copropriétaire de la Ferme Pichel, Francois Pigeon.

L'été chaud et sec qu'a connu le Québec l'année dernière a engendré des récoltes de foin médiocres à tel point que les producteurs assurés ont reçu de la Financière agricole du Québec, les sommes les plus importantes des dernières années en avances. À ce jour, près de 48 millions de dollars ont été versés dans le cadre de la protection foin au Québec.

«Ça donne un coup de main, mais est-ce que c’est suffisant ça dépend de la situation financière de chaque entreprise. Les producteurs de Rimouski-Neigette sont assez satisfaits des paiements de la Financière agricole, mais je dirais que ce n'est peut-être pas suffisant pour couvrir tous les frais de transport», explique M. Pigeon.

Après deux années de sécheresse, la rareté du foin a fait augmenter son prix et selon l'endroit où il se trouve, son transport est aussi devenu très dispendieux.

«C'est assez dispendieux, si on rajoute le transport on dépasse 100$ la balle», a expliqué le propriétaire de la Ferme Flots bleus de Rimouski, Sylvain Bérubé. Ce qui est environ trois fois plus que le prix d'une balle régulière avant la sécheresse.

Pour pallier la pénurie

À la Ferme Pichel, de Saint-Eugène-de-Ladrière, on n’a pas eu à acheter de foin cette année, mais pour que les bêtes puissent manger jusqu'à la prochaine récolte, on a dû rationner.

«J'en donne un petit peu moins chaque jour, les vaches s'arrangent avec ce que je leur donne. Normalement, on remplit la mangeoire, actuellement on donne une quantité limitée et on espère que ça va bien aller», a indiqué M. Pigeon, précisant que ses vaches reçoivent environ 20% moins de nourriture actuellement et donc, qu'elles produisent environ 20% moins de lait.

Des producteurs tentent aussi de trouver des solutions à plus long terme à ce manque qui perdure.

«Pour 2019, j'ai décidé de ne pas cultiver de céréales pour pouvoir faire plus de fourrage et des fourrages de secours, des nouvelles plantes que l'on plante dans nos champs pour faire du fourrage pour les vaches», a expliqué M. Bérubé.

L'été prochain les réserves de foin seront complètement à sec, ainsi certains agriculteurs craignent que la situation ne se complexifie encore davantage si les précipitations sont encore peu abondantes.

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