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«Il commençait sa vie. C'était mon bébé.»

Arnaud Koenig-Soutière | Journal de Montréal

«Un garçon de 22 ans qui part en pleine forme, un sportif, un monteur de lignes... Il commençait sa vie. Il avait sa blonde, des projets. C’était mon bébé», souffle la mère de Maxime Côté-Girard, le planchiste qui a accidentellement perdu la vie vendredi au mont Lac-Vert, au Lac-Saint-Jean.  

Johanne Girard parlait pratiquement «tous les jours» à son fils de 22 ans. Vendredi matin n’a pas fait exception. Le jeune homme partait, en compagnie de deux amis, vers la station de ski d’Hébertville pour profiter des dernières accumulations de neige.  

«Même la journée qu’il est parti en snow, je lui ai dit d’être prudent pour ne pas se blesser. Il recommençait à travailler lundi», raconte Mme Girard, la gorge nouée.  

Ce qui devait être l’une de ses dernières journées de congé a tourné au drame, à la mi-journée, lorsqu’il s’est élancé sur un saut dans le parc à neige. 

L’Almatois est «mal tombé» après avoir tenté un salto arrière. Le jeune planchiste est décédé «sur le coup» d’un traumatisme cervical, a affirmé la coroner à la famille. Il ne portait pas de casque, mais le port de cette protection n’aurait pu lui sauver la vie.  

«Le casque n’aurait pas fait de différence finalement. C’est sûr que c’est important d’en avoir un [par exemple] s’il était tombé sur le dos pour protéger sa tête. Mais c’est le cou, dans la région cervicale, qui a mangé le coup», indique Mme Girard, qui a appris la nouvelle de la bouche des policiers venus la rencontrer à son domicile.  

«Ce qui m’encourage, c’est qu’il ne soit pas resté en fauteuil roulant, paraplégique pour le restant de ses jours. Il faut voir le positif, c’est la seule affaire de positive dans ce qui est arrivé. Il est mort sur le coup», se console la mère.  

«De bons petits gars»  

Au lendemain de la tragédie, des amis d’enfance de Maxime Côté-Girard se sont réunis chez sa mère pour la soutenir. «Ils étaient une délégation», s’apaise Mme Girard.  

«Ça m’a fait du bien de les voir, enchaîne-t-elle. Ils ont aussi rendu visite à son père. C’est la première fois que j’ai ri et que j’ai eu un sourire [...] Ils ont vraiment du cœur et de belles valeurs. Ce sont de bons petits gars.»  

Le décès du jeune monteur de lignes a fait des vagues au Lac-Saint-Jean. Décrit comme un «bon vivant» par un ami d’enfance, il était «un grand sportif talentueux», lance un proche, qui est resté marqué par le sourire qu’il affichait «tout le temps».  

Généreux jusqu’à la fin  

«Maxime était jovial, un joueur de tours, un grand cœur, généreux. C’est sûr qu’il avait des défauts et qu’il a fait sa jeunesse comme tout le monde! Maintenant, il avait parti sa vie du bon bord», se remémore Johanne Girard.  

Maxime Côté-Girard aura d’ailleurs été généreux jusqu’à la toute fin, puisque sa signature à l’arrière de sa carte d’assurance maladie lui a permis de faire don de ses organes.  

«Il y a quelqu’un d’autre qui va vivre à travers ses dons», le félicite sa mère.  

«Je me console en me disant qu’il est décédé en faisant quelque chose qu’il aimait faire. [...] Il y a une grosse partie de moi qui est partie avec lui. Mais il va m’habiter et il va me donner la force de passer au travers», lance de façon convaincue Johanne Girard.  

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