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«C’est vraiment mal parti»

Québec pourrait perdre gros avec la SQDC

Pierre Couture | Journal de Montréal

Le gouvernement du Québec pourrait perdre beaucoup d’argent avec la Société québécoise du cannabis (SQDC), avance un économiste.

«C’est vraiment très mal parti. On est rendu avec des magasins ouverts seulement quatre jours par semaine. Il y a de très bonnes chances que le gouvernement ne fasse pas d’argent avec cela. Ce sera un cas unique au monde», avance le chercheur et économiste Germain Belzile de l’Institut économique de Montréal (IEDM).

Selon ce dernier, le gouvernement Legault a encore le temps de faire marche arrière et de «sortir» de la vente au détail du cannabis alors qu’il en est encore temps.

Car en plus de coûts fixes très élevés, la SQDC devra bientôt payer ses employés syndiqués comme ceux de la Société des alcools du Québec (SAQ) avec des salaires qui n’ont rien à voir avec le secteur traditionnel du commerce au détail, fait remarquer M. Belzile.

L’économiste est d’avis que le gouvernement devrait plutôt instaurer une taxe sur les produits du cannabis à l’instar des produits du tabac et laisser la vente au détail au secteur privé qui est beaucoup mieux outillé pour affronter la concurrence, soit le crime organisé.

«Le crime organisé doit être mort de rire puisqu’il n’a pas perdu de parts de marché et que le gouvernement veut repousser l’âge légal de la consommation de 18 à 21 ans. Où croyez-vous que les jeunes vont aller acheter leur cannabis?»

Le seul bon côté de l’aventure de la SQDC, d’après l’économiste de l’IEDM, aura été de permettre aux jeunes Québécois de faire connaissance avec «le modèle soviétique» et le «communisme» en offrant des magasins aux tablettes vides et des produits seulement en quantité limitée et en formats non désirés, a-t-il ironisé.

30% du marché noir

La direction de la SAQ caressait pourtant de grandes ambitions avec sa nouvelle filiale spécialisée dans la vente de cannabis.

L’ancien grand patron de la SAQ Alain Brunet (qui a supervisé l’implantation du réseau de la SQDC) avait même évoqué, lors d’une entrevue au Journal, la possibilité de récupérer 30% du marché noir du cannabis dès sa première année d’existence au Québec.

Pour sa première année d’activité, la SQDC prévoyait ainsi vendre beaucoup de cannabis, soit 50 tonnes de marijuana.

Après un départ canon, suivant la légalisation de la consommation à des fins récréatives (140 000 ventes en une semaine), le 17 octobre dernier, la SQDC a par la suite vu ses revenus fortement décliner.

En raison de fortes ruptures de stock, la SQDC a été contrainte de fermer à partir du 25 octobre ses 12 magasins au Québec les lundis, mardis et mercredis.

Les fournisseurs de la SQCD s’attendent maintenant à une longue pénurie de stocks de plusieurs mois sur les tablettes du monopole d’État.

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