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4 politiciens à surveiller en 2019

Emmanuelle Latraverse | TVA Nouvelles 

Économie, environnement, immigration, Trump et l’incertitude mondiale. Les grands thèmes entourant la prochaine campagne électorale fédérale sont bien connus. La place précise qu’ils occuperont dans le débat politique reste à définir.

D’ailleurs, s’il est périlleux de définir la fameuse «question de l’urne» neuf mois d’avance, on peut la résumer ainsi en ce début d’année: continuer ou non avec Justin Trudeau.

Quatre politiciens joueront un rôle déterminant au cours de la prochaine année pour préciser la réponse que les électeurs apporteront à cette question cruciale du 21 octobre 2019. 

Jagmeet Singh

L’avenir du chef du NPD est la clé de voûte de l’échiquier électoral pour la prochaine année.

Car Jagmeet Singh joue sa carrière politique en ce début d’année. Il tentera de se faire élire dans l’élection partielle de Burnaby-Sud en Colombie-Britannique, qui devrait être déclenchée au cours des prochaines semaines. Il semblait simple de s’y faire élire l’été dernier en misant sur la mobilisation contre le pipeline TransMountain. Or la perte d’appuis envers le NPD et le départ de nombreux députés vétérans en vue de la prochaine campagne soulèvent de sérieux doutes quant à ses chances de succès. S’il perd, difficile d’imaginer que son caucus le lui pardonnera.

Bien des stratèges libéraux prient pour qu’il survive, alors que les conservateurs rêvent déjà d’un nouveau chef plus populaire. Car la force du NPD a un impact sur l’ensemble de la joute électorale. Un NPD fort divise le vote progressiste et augmente les chances de conservateurs dans des courses à trois. Un NPD faible permet aux libéraux de faire le plein de votes à gauche. Rarement une partielle n’aura été autant surveillée au Canada. Elle doit être déclenchée avant la rentrée parlementaire à la fin du mois.

François-Philippe Champagne

C’est lui le ministre des Infrastructures qui a été déployé sur le terrain pour faire avaler aux Montréalais que le nouveau pont Champlain sera livré avec six mois de retard. Attendez-vous à le voir encore plus.

Non seulement est-ce que le ministre de la Mauricie a démontré qu’il est un communicateur hors pair, il doit surtout livrer un élément clé du programme libéral en vue des prochaines élections: les infrastructures.

Rappelez-vous... C’était pour financer son immense programme d’infrastructures que Justin Trudeau avait promis de «modestes déficits» pendant trois ans. Or, les déficits ont gonflé et les infrastructures sont en retard. Livrer de vastes chantiers est plus facile à dire qu’à faire.

François-Philippe Champagne a donc pour mandat d’ouvrir la machine. Faire approuver le plus grand nombre de projets cet hiver en temps pour la prochaine saison de construction et... les élections. Question d’essayer de faire la preuve que les milliards dépensés améliorent vraiment la vie des Canadiens.

Alain Rayes

Idéaliste ? Ou optimiste ? Le député de Richmond-Arthabaska rêve grand. Le lieutenant politique d’Andrew Scheer veut que le Québec devienne une force politique à long terme au sein du Parti conservateur du Canada. Et ça commence par des gains importants lors des prochaines élections.

Pour 2019, le calcul des stratèges conservateurs est simple: le parti ne peut plus miser seulement sur l’Ontario pour espérer prendre le pouvoir. Il doit s’imposer au Québec.

Alain Rayes a déjà campé sa crédibilité lorsqu’il a réussi à faire élire Richard Martel lors de la partielle de Chicoutimi-Le Fjord, le printemps dernier. Depuis, il sillonne la province à la recherche de candidats.

Il en a déjà recruté une trentaine, et promet d’autres grosses pointures. C’est simple, les conservateurs rêvent de doubler leur caucus au Québec.

Le mandat d’Alain Rayes ne s’arrête pas là. L’ancien maire de Victoriaville connu pour son engagement en faveur de l’environnement aura certainement la dure tâche de défendre l’approche des conservateurs face aux changements climatiques, un plan fort attendu d’ici le printemps.

Yves-François Blanchet

L’ancien député du Parti québécois réussira-t-il là où tant d’autres ont échoué depuis 2011 ? Après Daniel Paillé, Mario Beaulieu, Gilles Duceppe, Martine Ouellet, saura-t-il permettre au Bloc québécois se reconquérir le cœur de ses électeurs d’antan ?

Les derniers mois ont révélé que le débat autour de l’unité canadienne peut s’enflammer facilement, l’affrontement Québec-Alberta autour du pétrole sale et de la péréquation, puis les frasques de Doug Ford face aux francophones en font foi. Yves-François Blanchet ne peut qu’espérer qu’une prochaine crise lui offre de replacer le Bloc québécois au cœur de ces débats qui lui sont si payants.

Il a un avantage de taille: le respect de ses adversaires. Nombreux sont ceux à le décrire comme le «meilleur souverainiste sur le marché pour le Bloc».

On saura autour du 16 janvier prochain s’il sera couronné chef ou s’il devra affronter le militant Jean-Jacques Nantel.