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Amazon, champion des lobbyistes à Ottawa

Pierre-Olivier Zappa | TVA Nouvelles 

Le géant américain Amazon est devenu le champion du lobbying au Canada. Selon des rapports colligés par TVA Nouvelles, la multinationale compte sur les services de 13 lobbyistes actifs à Ottawa, dont plusieurs financent le Parti libéral du Canada (PLC).

Au cours des 12 derniers mois, ces représentants ont participé à 145 rencontres en haut lieu avec des élus et des fonctionnaires, soit presque deux fois plus que l’année précédente. Selon le Commissariat au lobbying du Canada, des lobbyistes d’Amazon ont notamment rencontré le premier ministre Justin Trudeau, son proche conseiller Gerald Butts, le ministre de la Défense, le président du Conseil du Trésor et la ministre de l’Environnement.

«Jusqu’à preuve du contraire, Amazon respecte la loi. Or, cela démontre très clairement que le géant a d’importants dossiers à faire avancer et qu’il cherche le soutien du gouvernement», analyse l’éthicien René Villemure. La multinationale caresse en effet plusieurs importants projets: étendre son réseau dans le secteur de l’alimentation, percer celui des services bancaires et apprivoiser l’industrie pharmaceutique.

«Amazon veut devenir une sorte de guichet unique pour le consommateur. Pour ce faire, elle cherche à ce que les gouvernements assouplissent les lois et les règlements, entre autres dans le domaine pharmaceutique», explique Philippe R. Bertand, spécialiste en commerce numérique.

20 000$ au PLC

En plus de rencontrer des membres influents du gouvernement, les lobbyistes de la multinationale ont versé pas moins de 20 000$ à la caisse électorale du PLC depuis la dernière élection. Ces contributions, réalisées à titre personnel, soulèvent des questions selon le Bloc québécois.

«Avec les règles actuelles qui encadrent le financement, 20 000$, c’est un gros montant, plaide Xavier Barsalou-Duval, député de Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères. Est-ce que ces lobbyistes contribuent pour leurs convictions politiques ou par intérêt économique?» se questionne-t-il.

Amazon, dont la valeur boursière atteint désormais 800 milliards $, n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de TVA Nouvelles.

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