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Étudier à Shawinigan et travailler... à Fermont!

Amélie Marcoux | TVA Nouvelles

Avec la pénurie de main d'œuvre, les entreprises font des pieds et des mains pour recruter des travailleurs spécialisés, parfois même avant la fin de leur formation. Pour s'assurer que ses élèves complètent leurs études, la direction du Carrefour Formation Mauricie à Shawinigan a décidé de faire équipe avec les employeurs.

Les élèves du programme de mécanique industrielle de construction et d'entretien peuvent suivre une formation individualisée en ne se rendant à l'école que trois ou quatre jours par semaine tout en travaillant déjà dans le domaine. Les heures de cours peuvent aussi être adaptées en fonction de leurs horaires de travail.

C'est le cas d'une élève de 24 ans qui part à l'occasion travailler à Fermont. «Ça faisait à peu près un mois que j'étais dans mon DEP que j'étais déjà engagée par ma compagnie», raconte Marie-Ève Charland. La jeune femme aurait pu décrocher à ce moment-là, mais au contraire, si elle est toujours sur les bancs d'école au Carrefour Formation Mauricie, c'est justement parce que son programme lui permet de travailler en même temps.

«Dans le fond, je vais voir le directeur, je l'avise que j'ai de telle date à telle date. Il m'enlève de l'horaire et là, mes modules ne continuent pas d'avancer», explique-t-elle.

Elle n'est pas la seule dans cette situation. La majorité des étudiants travaillent aussi comme apprenti-mécaniciens industriels. C'est le meilleur des deux mondes, puisque les élèves travaillent tout en s'assurant de finir avec un diplôme en poche. Un de leurs professeurs, Luc Roberge souligne l'importance d'aller chercher une certification. «Les salaires ne sont pas les mêmes. Quand tu es diplômé, tu travailles comme mécanicien industriel. On vise des salaires de base autours de 22$/heure en montant et il n'y a pas vraiment de limite», affirme-t-il.

Si la direction peinait avant à recruter, les changements ont permis d'assurer l'avenir du programme. « Le département était en grande difficulté au niveau des inscriptions d'élèves et, là, on a facilement le double d'élèves depuis deux ans», se réjouit le directeur général du Carrefour Formation Mauricie, Jean-Vianney Hotte.

La nouvelle façon de faire de l'école est une formule gagnante dans un contexte de pénurie de main d'œuvre, autant pour les élèves, l’établissement scolaire et les employeurs.