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«Il m'a demandé de la liquider ou de la tuer»

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

«Il m'a demandé si je pouvais lui procurer des armes, de lui rendre un service, soit la kidnapper, la liquider ou la tuer.»   

Un procès à donner des sueurs froides s’est ouvert, mardi matin, au palais de justice de Chicoutimi. L’accusé, Jimmy Bouchard, aurait élaboré plusieurs plans pour éliminer son ex-conjointe.   

Le premier témoignage, celui de son ami d’enfance Éric Maltais, est troublant. Il a raconté comment, pendant trois ans, l'accusé lui parlait de ses plans pour tuer son ex-conjointe.   

Il ne voulait pas qu'elle accouche   

En mai 2013, cette dernière est enceinte de leur deuxième enfant quand elle le quitte pour consulter un centre pour femmes violentées à Dolbeau-Mistassini. Bouchard aurait alors commencé à exprimer son désir de l'éliminer parce qu'il ne souhaitait pas qu'elle accouche. Il était aussi préoccupé par la garde de leur autre enfant.   

L’accusé voulait aussi qu'Éric Maltais lui trouve une personne pour l'aider. «Il ne voulait pas se mouiller les mains. ‘’Entre chums, il faut s'entraider’’, lui a dit Bouchard. Si tu étais à ma place, tu le ferais», a raconté le témoin.   

Bouchard lui aurait offert jusqu'à 25 000$, mais Éric Maltais a toujours refusé. «Mon espérance, c'était d'acheter du temps pour que la bulle lui passe, pour arrêter ce plan de vengeance. Ça n'est jamais arrivé.»   

Angle de tir   

Bouchard a continué, sans cesse, à lui dévoiler d'autres scénarios: un soir, il l'a conduit à la maison de son ex au Saguenay, avant de repérer la femme dans la maison et de lui indiquer comment s’enlignait son angle de tir.   

Il avait aussi plusieurs plans basés sur l’utilisation d’explosifs: il avait trouvé des recettes et des substances, et avait réussi des tests d'explosions en la présence de son ami.   

Pour assassiner son ex, Bouchard songeait à faire sauter un pot de fleurs laissé sur sa galerie ou à faire exploser son véhicule. «Il ne fallait pas qu'elle survive à l'explosion, aurait dit Bouchard à son ami, même s'il y avait d'autres personnes dans l'auto ou des gens autour», a ajouté le témoin.   

L’accusé voulait aussi une arme pour se protéger contre la police ou contre toute personne qui pourrait causer des ennuis à son projet.   

Situation intenable   

Après plus de deux ans à baigner dans cet univers, Éric Maltais a fini par trouver la situation lourde. Il a alors pris ses distances et il a raconté les idées meurtrières de son ami à la police.   

Éric Maltais dit avoir maintenant peur des représailles de Bouchard envers lui. «Il va y en avoir, c'est garanti», a-t-il déclaré en cour.   

Jimmy Bouchard a été arrêté en décembre 2016, puis accusé d’avoir demandé à une autre personne de commettre une infraction criminelle, soit de tuer son ex-conjointe.

En contre-interrogatoire, le témoin a admis avoir fréquenté les motards dans sa jeunesse et avoir gardé un contact.

C'est pour ça que Bouchard lui faisait des demandes.

Éric Maltais a déclaré qu'au départ, ce contact avait accepté de passer la femme, mais elle s'était désistée quand il a été question de tuer même les enfants dans l'explosion d'une voiture parce que Bouchard ne voulait pas de témoins.

Éric Maltais a aussi avoué y avoir pensé une courte seconde quand son ami lui a offert 25 000 dollars, mais a maintenu qu'il voulait gagner du temps pour que son ami change d'idée.

La police a fini par infiltrer Jimmy Bouchard, à enregistrer ses conversations avant de l’arrêter.

D'autres témoins seront entendus dans les prochains jours.

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