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Chicoutimi

Pacte de suicide dans une résidence pour aînés

Isabelle Tremblay | Agence QMI

L’aîné qui aurait conclu un pacte de suicide avec son épouse a obtenu son congé de l’hôpital, mardi, et a réintégré sa résidence privée pour personnes âgées, située dans l'arrondissement de Chicoutimi, à Saguenay. Il se porte bien, selon son avocat.

«Ce n’est pas un dossier criminel, c’est une histoire de cœur qui me touche profondément dans mon âme et conscience», a affirmé le criminaliste Charles Cantin.

L’avocat qui pratique le droit criminel depuis près de 30 ans a eu le mandat de représenter les intérêts de l’homme de 85 ans. Ce dernier a été placé sous garde à la suite de son hospitalisation. Il risque de faire face à des accusations criminelles puisqu’il aurait aidé sa femme qui voulait se suicider à prendre des médicaments.

Les aînés, qui sont mariés depuis 65 ans, auraient tenté vendredi de mettre fin à leurs jours. Ils ont été retrouvés samedi matin par les autorités.

Alors que la dame atteinte de la maladie d’Alzheimer profitait d’un moment de lucidité, elle aurait demandé à son époux de l’aider à mettre fin à ses jours. Les deux personnes auraient englouti une très grande quantité de médicaments.

À l’arrivée des secours, la femme était étendue sur son lit, inconsciente. Elle est toujours au centre hospitalier, mais sa vie n’est pas menacée.

Quant à son mari, il était semi-conscient. « L’homme a tenu des propos inquiétants, alors nous avons ouvert une enquête et des techniciens en scène de crime se sont rendus sur les lieux», a mentionné Bruno Cormier, porte-parole de la Sécurité publique de Saguenay.

Très bonne personne

Ce dossier est de loin l’un des plus marquants de la carrière de l’avocat Charles Cantin. «J’ai vu des doubles et des triples meurtres. J’ai vécu des prises d’otage. Mais dans ce cas-ci, on sort du judiciaire et on tombe dans une histoire de cœur. Ce n’est pas un crime», a poursuivi Me Cantin.

Ce dernier s’est rendu au chevet du couple après avoir été saisi du dossier. «J’ai travaillé pour que mon client soit traité dans la dignité. Il ne méritait pas la procédure d’écrou habituelle», a-t-il dit.

Selon l’avocat de la défense, l’octogénaire est une très bonne personne qui a été un actif pour la société tout au long de sa vie. «Il n’a pas le profil d’un criminel. J’ai donné les garanties au procureur de la Couronne qu’il ne représente aucun danger pour la société.»

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