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300 000 $ réclamés à son présumé agresseur

Alex Drouin | Agence QMI

Après avoir appris récemment qu’elle souffrait d’un cancer, une Sherbrookoise de 57 ans a décidé de briser le silence et de poursuivre au civil son parrain adoptif qui l’aurait agressée durant son enfance. 

«Je ne veux pas emporter ce secret avec moi», s’est contentée de dire Johanne Bolduc lorsque jointe par téléphone. 

Dans une poursuite déposée en décembre au palais de justice de Sherbrooke, la dame réclame 300 000 $ à Gilles Leclerc. 

Selon le document judiciaire, son présumé agresseur aurait abusé d’elle alors qu’elle avait entre huit et 18 ans. Plusieurs agressions, y allègue-t-on, seraient survenues dans le bureau d’assurance du père de la présumée victime, dont une qui l’aurait forcée à se faire avorter alors qu’elle n’avait que 17 ans. 

Selon la poursuite, la famille de la requérante et celle de M. Leclerc, aujourd’hui âgé de 77 ans, se visitaient régulièrement à l’époque. Les gestes allégués auraient ainsi été commis à l’insu des autres membres des deux familles, sur une base quasi mensuelle. 

Enfant adoptée 

Dès l’âge de 15 ans, avance la requête présentée au tribunal, le présumé agresseur se serait montré plus agressif avec l’ado et la dénigrait pour s’assurer de son silence, notamment en tablant sur son statut d’enfant adoptée qui allait détruire sa famille si elle osait parler. 

Il est également suggéré dans la poursuite que le parrain voulait s’organiser «pour que toute sa famille croie que c’est son père qui l’agresserait, étant donné qu’il avait une importante dépendance à l’alcool, ce que la famille [...] aurait pu croire aisément puisque toutes les membres de la famille appréciaient beaucoup le parrain». 

Mme Bolduc, qui dit avoir encore de terribles cauchemars, soutient devoir prendre des médicaments pour calmer son anxiété, son angoisse ou sa détresse psychologique. Elle précise aussi n’avoir jamais pu s’épanouir dans ses relations amoureuses. 

La dame réclame 200 000 $ pour des dommages psychologiques et physiques ainsi que 100 000 $ pour des dommages exemplaires pour atteinte illicite à l’intégrité de la personne.