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45 perquisitions aux dépens des Hells Angels

Éric Thibault | Agence QMI

Un Hells Angel notoire qui réclame 16 millions $ au gouvernement en alléguant qu’il fut injustement accusé de meurtre dans l’opération SharQc est maintenant visé dans une vaste enquête antidrogue.

Daniel «Capoté» Beaulieu a reçu la visite de l’Escouade nationale de répression contre le crime organisé (ENRCO) qui a mené une série de 45 perquisitions dans plusieurs régions du Québec et du Nouveau-Brunswick, mercredi. Les policiers n’ont toutefois procédé à aucune arrestation.

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Le motard qui réside à Saint-Jacques, au Nouveau-Brunswick, est soupçonné d’être un joueur clé au sein d’un réseau de trafic de stupéfiants présent dans l’Est-du-Québec jusque dans les Maritimes, selon des sources policières.

Cette organisation avait des ramifications un peu partout, si l’on se fie à l’ampleur des perquisitions effectuées à Montréal, Longueuil, Québec et Moncton, ainsi que dans les Laurentides, en Mauricie et dans la Beauce.

Cibles principales

Ex-membre du chapitre des Hells de Québec, Beaulieu, 60 ans, s’est joint à la toute première section «Nomads» du gang au Nouveau-Brunswick, il y a deux ans.

Il est allé y rejoindre Emery «Pit» Martin, un autre ancien Hells de Québec considéré comme le leader du chapitre néo-brunswickois de la bande.

Mercredi, les policiers ont également rendu visite aux frères jumeaux Éric et Yannick Blanchette, des Beaucerons qui sont eux aussi devenus membres des Hells au Nouveau-Brunswick. La résidence d’un autre Québécois, Kaven Langlois, un porte-couleurs des Red Devils de Moncton, le club-école numéro un des Hells au Canada, a elle aussi été fouillée à Brossard.

Il y a à peine huit mois, Daniel Beaulieu avait fait parler de lui en intentant une poursuite judiciaire au montant faramineux de 16,4 millions $ contre la Sûreté du Québec et le Procureur général de la province. Il veut être indemnisé pour les 6 ans qu’il a passés à la prison de Bordeaux dans la foulée de l’opération SharQc de 2009.

Inculpé de meurtres et de complot, le vétéran motard avait été libéré de toute accusation sans même avoir à subir de procès, au printemps 2015.

Il prétend qu’on l’a accusé sans preuve sur la seule foi de déclarations faites par l’ex-Hells Angel Sylvain Boulanger, payé 3 millions $ pour devenir délateur.

D’après ce dernier, Beaulieu aurait participé au meurtre d’un sympathisant des Rock Machine dans la région de Québec à l’époque de la guerre des motards, en 2000.

Le délateur Boulanger prétendait aussi que Beaulieu avait momentanément quitté les Hells à la fin des années 90, alors qu’il purgeait une longue peine d’incarcération, pour convaincre les autorités des libérations conditionnelles de le laisser sortir de taule plus rapidement.

Qui sont les suspects visés ?

Daniel Beaulieu

En mai 1988, il comptait parmi les membres fondateurs du chapitre de Québec des Hells.

En 1994, il a écopé de 10 ans de pénitencier pour avoir comploté l’importation de 740 kg de cocaïne avec d’autres Hells et le caïd mafieux Raynald Desjardins. L’année précédente, en raison d’ennuis mécaniques, l’équipage du bateau qui revenait du Venezuela avec la cocaïne cachée dans dix tuyaux d’égout avait été contraint de larguer la marchandise au fond de l’océan Atlantique. La police avait repêché la drogue au large de la Nouvelle-Écosse.

Éric et Yannick Blanchette

Originaires de la Beauce, ils ont notamment été arrêtés en 2012 à Cabarete, en République dominicaine, un pays où les Hells québécois ont fondé un chapitre trois ans plus tôt. Les policiers de l’endroit avaient trouvé de la drogue et des armes à feu en leur possession.

Kaven Langlois

Il était «prospect» du chapitre des Hells de Québec quand la police l’a arrêté dans l’opération SharQc de 2009.

Deux ans plus tard, lui et 30 autres motards ont été libérés des accusations de trafic de drogue et de gangstérisme qui pesaient sur eux quand le juge James Brunton a estimé qu’ils ne pourraient être jugés dans des délais raisonnables.