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La sœur de «Genie» harcelée

L'accusé croit n’avoir rien à se reprocher

Michaël Nguyen | Journal de Montréal

Le Montréalais accusé d’avoir harcelé pendant trois années la sœur de la vedette de tennis Eugenie Bouchard croit qu’il n’a rien à se reprocher, contrairement à ce que pense la victime.    

«À mon sens, il n’y a rien d’agressif ni d’agressant dans ce qu’il s’est passé», a brièvement déclaré Danny Arsenault, juste avant le début de son enquête préliminaire ce matin au palais de justice de Montréal.    

Arsenault, un résident de Verdun âgé de 40 ans, fait face à des accusations de harcèlement et de communications harcelantes envers Charlotte Bouchard, la sœur cadette de la vedette de tennis Eugenie Bouchard.    

Le harcèlement aurait commencé sur le réseau social Instagram en septembre 2014 pour prendre fin seulement en décembre 2017. Charlotte Bouchard compte 78 600 abonnés à sa page.    

C’est le père de Mme Bouchard qui a dévoilé en premier l’affaire sur Twitter, dans la foulée des messages violents qu’a reçu le jeune hockeyeur Maxime Comtois après la récente élimination du Canada au Championnat mondial de hockey junior.    

Présente à la cour ce jeudi, Charlotte Bouchard a témoigné avec aplomb, même si le harceleur allégué était assis à même pas un mètre d’elle et qu’il la fixait par moment. Une ordonnance de la cour interdit toutefois de révéler le contenu du témoignage, comme c’est l’usage à ce stade-ci des procédures.    

Message aux harceleurs    

Une fois son témoignage terminé, Charlotte Bouchard a tout de même pu pousser un soupir de soulagement.    

«Je suis très contente d’être passée au travers et que ce soit fini, a-t-elle déclaré aux médias.»    

La jeune femme de 23 ans a également expliqué avoir porté plainte contre Arsenault afin de dénoncer le harcèlement en ligne.    

«J’espère que ça va aider, a-t-elle dit. Si ça peut aider une seule personne, c’est tant mieux.»    

Charlotte Bouchard a également tenu à lancer un message à tous ceux qui s’adonnent au harcèlement en ligne.    

«Arrêtez, parce que c’est une invasion de la vie privée», a-t-elle dit.    

Après le témoignage de Mme Bouchard, l’enquête préliminaire d’Arsenault a été mis en veilleuse jusqu’au 21 février prochain. À la fin de cette étape, le juge Serge Delisle devra décider si la preuve est suffisante pour justifier la tenue d’un procès.    

Arsenault se défend seul, bien qu’il soit assisté de l’avocate Mélissa Beaulieu Lussier. La Couronne est représentée par le procureur Jean-Christofe Ardeneus.