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L'archevêché se dissocie d'un manuel sur l'éducation sexuelle controversé

TVA Nouvelles

Un manuel portant sur le nouveau cours d'éducation sexuelle à l'école suscite la controverse. Il propose aux parents de retirer leurs enfants de ces cours obligatoires, pour qu'ils les donnent eux-mêmes en respectant «la pudeur naturelle» des jeunes.     

L’ouvrage, intitulé «Réflexions pour susciter le dialogue parents/enfants» sur le programme d’Éducation à la sexualité du ministère de l’Éducation, a été coécrit par l’abbé Robert Gendreau, qui œuvre à l’archevêché de Montréal.     

À l’intérieur du livre, on encourage les parents à ne pas «forcer la pudeur naturelle d’un enfant» et à repousser les discussions sur le sujet. Pour les auteurs, l’obligation pour les enfants de prendre part aux cours d’éducation sexuelle est vue comme une agression.     

L’abbé Gendreau devait s’exprimer sur le livre en entrevue à l’émission de Mario Dumont, jeudi, mais il s’est finalement désisté au dernier instant.     

Son coauteur, le cardiologue Raouf Ayas, a lui accepté d’expliquer le raisonnement derrière leur démarche.     

«L’enfant qui a six, sept, huit ou neuf ans est dans une période d’innocence, affirme-t-il. Le fait de l’inonder avec des informations sur la sexualité dont il n’a pas besoin, je pense que ça ne donnera pas nécessairement les résultats escomptés.»   

Une initiative personnelle     

Le diocèse de Montréal s’est rapidement dissocié de la publication, jeudi, affirmant que l’ouvrage était le résultat d’une «initiative personnelle d’un père de famille soutenu par un document rédigé par un médecin et un prêtre».     

«L’archevêché n’est aucunement impliqué dans l’initiative ni la publication de cet ouvrage», peut-on lire dans un tweet publié jeudi midi.     

Le porte-parole du diocèse de Québec, Jasmin Lemieux-Lefebvre, ajoute qu’«en aucun temps, il a été préconisé un retrait des élèves du cours d’éducation à la sexualité» lors de la dernière assemblée des évêques catholiques du Québec.     

«Quand des catholiques, prêtres ou autres, comme le Dr Ayas, ont d’autres opinions, on les respecte. Mais ce n’est pas du tout le point de vue de l’Église», indique-t-il.     

  

  

Le ministre de l’Éducation réagit     

Interpellé par le contenu de l’ouvrage, le ministre de l’Éducation du Québec Jean-François Roberge a rappelé le caractère «essentiel» des apprentissages contenus dans les cours d’éducation à la sexualité. Il a également tenu à souligner que ces cours avaient été validés par de nombreux experts et qu’un sondage effectué après la conclusion du premier projet-pilote révélait que 86 % de parents se disaient satisfaits.     

Par ailleurs, le ministre Roberge demeure ferme sur les exemptions au cours : seuls des motifs «très précis» justifieront l’exemption d’un élève au cours. Il cite en exemple un jeune qui aurait vécu des traumatismes sexuels importants par le passé.     

Un communiqué relayé par l’archevêché de Montréal encourageait plutôt les parents à discuter avec le professeur pour en venir à une entente spéciale afin qu’ils enseignement eux-mêmes la sexualité à leur enfant.

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