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9 M$ de dettes et elle doit 736 000$ à son mari

Sylvain Larocque | Journal de Montréal

Les entreprises de bijoux de Caroline Néron croulent sous plus de 9 millions $ de dettes, dont environ 1,5 million $ en TPS et TVQ non remises aux gouvernements, ainsi que 360 000 $ en salaires à payer aux employés.     

L’expert en gouvernance d’entreprises Michel Nadeau a souligné vendredi que dans de telles situations d’insolvabilité, les créanciers reçoivent généralement 10 % ou moins de ce qu’on leur doit.     

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L’avenir de Néron inc. et de Boutiques Néron inc. repose principalement entre les mains de la firme financière montréalaise Fiera Capital, qui a consenti un prêt à intérêt élevé de 5 millions $ à Néron inc. en 2017.     

Prêt de son conjoint     

«Fiera a une garantie sur l’essentiel des actifs du groupe», a précisé vendredi au Journal de Montréal le syndic de faillite Ronald Gagnon, du cabinet comptable BDO Canada.     

Il faudra également voir si le mari de Mme Néron, Réal Bouclin, acceptera de passer l’éponge sur les 736 000 $ qu’il a prêtés à Néron inc. par l’entremise d’une société à numéro liée à sa chaîne de résidences pour retraités, Réseau Sélection. Les déboires des entreprises de Caroline Néron ont entraîné la séparation du couple, qui est en instance de divorce.     

La restructuration des entreprises coûtera également cher à Mme Néron, puisqu’elle a avancé plus de 710 000 $ à Néron inc. Comme la plupart des créances, elle n’est pas garantie et ne sera remboursée qu’en partie, dans le meilleur des cas.     

Les entreprises de Caroline Néron doivent près de 360 000 $ en salaires. Cela représente plus de 2000 $ par employé en moyenne. Si l’employeur est incapable de payer, les travailleurs pourront se tourner vers le programme fédéral de protection des salariés.     

Le fisc risque aussi de perdre gros dans cette déconfiture. Néron inc. et Boutiques Néron inc. doivent 1,4 million $ à Revenu Québec et 125 000 $ à Revenu Canada. Il s’agit de taxes perçues sur les ventes au détail, qui sont des créances non garanties.     

Sauvetage réalisable ?     

Dans l’espoir de sauver la marque Caroline Néron, l’entrepreneure compte fermer neuf des 14 boutiques existantes, licencier 64 des 152 employés du groupe et fermer le siège social de Montréal.     

«Il reste à voir si cette idée-là est réalisable et si c’est exactement la bonne voie à prendre», a prévenu Ronald Gagnon, qui se dit néanmoins optimiste.     

«S’il n’y avait pas d’espoir, on n’aurait pas accepté le dossier», a-t-il insisté.     

M. Nadeau croit lui aussi que Caroline Néron a de bonnes chances de relancer ses entreprises si elle réussit à convaincre des investisseurs à injecter des capitaux.     

«Avec une dette grandement réduite et un nouveau plan d’affaires, ce n’est pas impossible, a-t-il dit. Mais ce sera serré.» 

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