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Gilbert Rozon poursuit Juste pour rire

Michael Nguyen | Journal de Montréal

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Gilbert Rozon vient d’intenter une poursuite contre Juste pour rire et son nouveau propriétaire ICM, afin de ne pas payer 3,3 millions $ qui lui sont réclamés en raison de pertes monétaires causées par «l’affaire Rozon».   

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«Les réclamations sont sans fondement», affirme Rozon dans la poursuite civile rendue publique ce vendredi au palais de justice de Montréal.   

Après l’action collective d’un collectif de femmes qui l’accusent d’être un « prédateur sexuel » et des accusations criminelles de viol et d’attentat à la pudeur, le magnat de l’humour déchu s’engage ainsi dans un nouveau bras de fer judiciaire.   

Mais cette fois, il se battra contre l’entreprise qu’il avait lui-même fondée, ainsi que contre les nouveaux acheteurs.   

En octobre 2017, le monde de Rozon s’était écroulé à la suite de témoignages de femmes qui lui reprochaient des inconduites sexuelles. Le scandale a eu un tel impact qu’il s’est finalement résolu à vendre ses actions dans Juste pour rire.   

«J’ai le cœur déchiré, je n’avais jamais pensé à vendre avant, mais je voulais avant tout sauver cet événement [le festival Juste pour rire, avait expliqué Rozon lors d’une audience en cour civile l’année passée.»   

Réclamations  

C’est finalement l’entreprise ICM et le Canadien Howie Mandel qui se sont portés acquéreurs de Juste pour rire au printemps dernier. Sauf qu’en septembre, l’entreprise a fait parvenir un avis d’indemnisation à Gilbert Rozon et Guylaine Lalonde, une de ses collaboratrices de longue date.   

Juste pour rire réclamait ainsi 923 000 $ pour la perte de commandites et de subventions gouvernementales. Un montant de 570 000 $ était aussi réclamé pour la perte de la commandite des Producteurs de lait du Québec.   

Enfin, l’entreprise veut être indemnisée à hauteur de 2,72 millions $ «pour les dommages causés par la terminaison du contrat de production» de l’humoriste Rachid Badouri.   

Inconduite sexuelle  

En filigrane de la poursuite, l’on comprend que ces montants sont réclamés en raison du scandale sexuel visant Gilbert Rozon.   

Mais si ce dernier concède qu’il doit verser une indemnisation pour la perte de commandites et de subventions gouvernementales, il rejette fermement le paiement des deux autres sommes.   

«Les demandeurs nient que la terminaison du contrat de commandite [des producteurs de lait] était liée aux allégations d’inconduite concernant le demandeur, peut-on lire dans le document de cour. Même si la réclamation [...] était valide, la somme réclamée est grossièrement exagérée.»   

Dans le document de cour, Rozon explique d’ailleurs que «les dépenses liées à la commandite annuelle étaient plus élevées que le montant de la commandite elle-même, de telle sorte que la réclamation n’a aucune valeur».   

Quant au contrat de Rachid Badouri, le document de cour indique que ce dernier avait payé 250 000 $ pour mettre fin au contrat en août dernier. Les nouveaux propriétaires de Juste pour rire auraient pu saisir la cour pour régler cette affaire avec le principal intéressé, soutient Rozon.   

À moins d’un règlement à l’amiable, la poursuite civile devrait être prochainement présentée en Cour supérieure du Québec.