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La dure réalité des sans-abri par temps glacial

TVA Nouvelles

Le Québec vit son premier épisode de froid intense en 2019. À Montréal, le mercure a descendu à moins 16 degrés Celsius. Mais avec le refroidissement éolien, on ressentait moins 28.   

Il fallait s'emmitoufler pour aller démarrer la voiture ou prendre l'autobus. Alors imaginez le cauchemar que ça représente pour ceux qui vivent dans la rue, qui n'ont nulle part où aller pour se réchauffer.  

Mendier pour survivre dehors sur le trottoir ces jours-ci, on le sait, c’est un véritable calvaire pour les sans-abris.  

Un de nos collègues de travail à TVA s’est mis dans la peau d’un itinérant, dans le but de vivre concrètement sur le terrain cette épreuve quotidienne pour des centaines d’hommes et femmes en ville.  

Premier constat: les gens sont généreux. Il amassé rapidement 4$, assez pour se payer une collation et un bon café. Il a remis la somme à un sans-abri sur la rue Sainte-Catherine Ouest.  

Ce dernier a toutefois poliment demandé à notre collègue de déménager ses pénates, car les itinérants ont des territoires pour quémander et on se trouvait sur le sien. Pour se réchauffer, notre collègue s’installe dans l’entrée d’une boutique, mais il sera rapidement chassé.  

«On a des ressources qui sont disponibles à la ville. C'est sûr qu'on les bonifie dans les périodes de grand froid», explique Rosannie Filato, responsable à la Ville du Développement social et de l’itinérance.  

Il y a aussi les haltes-chaleur qui peuvent aider les itinérants. «C'est un endroit, un refuge qui est à haut seuil d'accessibilité. Donc, quelqu'un qui ne veut pas nécessairement aller dans un refuge traditionnel peut aller se réchauffer, manger, puis le plus important, c'est de trouver un intervenant social qui peut l'aider.»  

Rappelons l'ouverture, la semaine prochaine, de 80 lits supplémentaires dans l'ancien hôpital Royal Vic. 

 

 

Église transformée en halte-chaleur 

Par ailleurs, TVA Nouvelles s’est rendue dans une halte-chaleur de la rue Ontario Est, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. La halte-chaleur se trouve dans l’église chrétienne du Roi des Rois. 

«On a à peu près une vingtaine de places disponibles couchées et à peu près le même nombre (de places) assises», souligne le pasteur de l’église, Michel Monette. Il va y avoir un petit déjeuner et, selon les dons que l’on reçoit, il va y avoir aussi de la nourriture. C’est une action sociale, une action citoyenne. Nous avons un grand édifice qui est vide et on s’est dit qu’au lieu de l’utiliser quatre heures par semaine, on pouvait le mettre au service de la communauté et aider les sans-abris qui dorment dehors à -25 degrés. Personne ne veut vivre ça», dit-il. 

«Tout le quartier est mobilisé, c’est une situation extrêmement difficile pour les gens, relate le maire de l’arrondissement Pierre Lessard-Blais. On travaille aussi avec le Cap Saint-Barnabé, qui est le seul refuge dans l’est de Montréal. On a une vingtaine de lits où les gens peuvent dormir et une chambre pour les femmes particulièrement. Ils doivent arriver à une certaine heure et ils peuvent y passer la nuit.» 

Selon le maire Lessard-Blais, le phénomène de l’itinérance ne touche pas une clientèle unique. «Des gens qui ont des problèmes de santé mentale, d’autres sont aux prises avec l’intoxication. Et c’est pour cette raison que l’on invite la ministre de la Santé [Danielle] McCann. Depuis son élection, elle semble très portée sur la chose, elle travaille très fort sur l’ouverture de l’hôpital Royal Victoria pour ouvrir davantage de lits. Mais on souhaite qu’elle vienne dans Hochelaga-Maisonneuve pour voir tout le travail qui y est fait et constater qu’on a besoin d’une aide très particulière.»