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Vol qualifié et voies de fait

Le boxeur Steven Butler devrait plaider coupable

Claudia Berthiaume | Agence QMI

Martin Alarie | Journal de Montréal

Le boxeur Steven Butler, qui est accusé de vol qualifié et de voies de fait ayant causé des lésions, envisage de plaider coupable dans deux semaines, a affirmé son avocate au tribunal, vendredi.  

En fait, le protégé d’Eye of the Tiger Management devait initialement régler son dossier vendredi, au palais de justice de Saint-Jérôme, mais il a fait volte-face.  

Son avocate, Me Debora de Thomasis, a annoncé d’entrée de jeu au juge Sylvain Lépine que son client allait plaider coupable à des accusations modifiées et qu’un résumé des faits avait été préparé conjointement avec la Couronne.  

La criminaliste est ensuite sortie de la salle d’audience pour discuter des derniers détails avec celui qu’on surnomme «Bang Bang» dans le monde de la boxe.  

À son retour, elle a tenté d’obtenir une ordonnance de non-publication sur la procédure, invoquant la présence des médias et le statut du pugiliste de 22 ans.  

Me de Thomasis a insisté sur le fait que Butler était «troisième au monde» dans sa catégorie, qu’il était actuellement en négociation de contrats aux États-Unis, et que la publication d’un reportage sur le plaidoyer de culpabilité nuirait à sa carrière.  

Le magistrat a rejeté la requête de la défense, après l’intervention du Journal, qui a fait valoir que le statut du boxeur ne devrait pas interférer avec la publicité des débats judiciaires.  

Me de Thomasis a alors demandé au juge Lépine de reporter la cause à une date ultérieure, date à laquelle son client plaiderait coupable et où les avocats argumenteraient quant à la sentence à lui imposer.  

La victime présumée devrait aussi s’adresser à la cour lors de cette audience.  

«C’est clair que ça va se régler», a mentionné Me de Thomasis.  

Absolution demandée  

La criminaliste a annoncé qu’elle comptait demander que Butler bénéficie d’une absolution inconditionnelle, pour lui éviter d’avoir un casier judiciaire.  

Me Jennifer Lepage, de la Couronne, a souligné que le dossier devait être remis à brève échéance, puisque les faits allégués remontent déjà à plus de trois ans.  

D’après la dénonciation, Steven Butler est accusé d’avoir battu et volé un homme, le 12 novembre 2016, à Blainville. Le magistrat a accordé la remise au 24 janvier.  

Ternir l’image de la boxe  

Ce n’est pas la première fois que Butler se retrouve dans l’eau chaude.  

En mai 2017, il avait dû s’engager à «n’entretenir aucun lien avec le crime organisé» afin de conserver son permis de boxeur professionnel émis par la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).  

La RACJ l’avait convoqué à la suite du brasse-camarade survenu dans les gradins du Centre Bell lors de sa défaite contre Brandon Cook, en janvier 2017.  

Mécontent de voir son beau-frère encaisser sa première - et seule - défaite en carrière, Chayanne O’Neill Peralta-Garcia avait lancé un seau à glace sur la tête de l’adversaire de Butler. Il a écopé de 15 mois de détention pour ce geste.  

«Ces événements ont terni l’image de la boxe au Québec», écrivait la RACJ dans la décision confirmant la délivrance du permis du boxeur.  

- Avec Christian Plouffe