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Lock-out chez ABI

Legault doit intervenir, selon le syndicat

Charles Lecavalier | Journal de Québec

Le premier ministre François Legault doit s’impliquer personnellement pour mettre fin au lock-out qui a mis plus d’un millier de syndiqués d’ABI dans la rue depuis un an, selon le syndicat de l’aluminerie.

«Le premier ministre devrait rencontrer directement les dirigeants de l’entreprise et leur demander de revenir à la table avec une réelle intention de trouver un règlement», a affirmé Clément Masse, président de la section locale 9700 des Métallos en entrevue avec «Le Journal de Québec».

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En campagne électorale, François Legault s’était engagé à se rendre à Pittsburgh pour rencontrer les dirigeants d’Alcoa. C’est finalement le ministre de travail Jean Boulet qui s’est déplacé en novembre. Selon le syndicat, il n’a pas réussi à convaincre l’employeur de négocier sérieusement.

Le syndicat déplore également l’ajout d’une clause en 2014 dans le contrat d’approvisionnement en électricité de l’aluminerie de Bécancour, qui la soustrait à ses obligations d’acheter de l’électricité à Hydro-Québec en cas de lock-out. Le syndicat calcule que le Québec a perdu 215 millions $ depuis le début du conflit.

«C’est le gouvernement qui a mis cette clause-là et qui fait qu’aujourd’hui ça fait un an qu’on est en conflit. C’est un au gouvernement de trouver des solutions pour corriger cette erreur qui a changé le rapport de force», dit-il. «Je demande au premier ministre d’intervenir et de trouver des solutions pour mettre fin au conflit», a-t-il martelé.

Au nom du gouvernement

De son côté, le ministre du Travail, Jean Boulet, assure faire tout ce qu’il peut pour dénouer le conflit qui fait mal à sa région. «J’ai fait la démarche, j’ai fait le déplacement à Pittsburgh, je le faisais au nom du gouvernement et au nom de François Legault. Quand je suis allé les rencontrer, il n’y avait plus aucune discussion. J’ai senti là-bas une volonté de reprendre les négociations et une entente négociée. L’entreprise partageait ma sensibilité et ma préoccupation pour les impacts», a-t-il dit en entrevue.

Le député de Trois-Rivières souligne qu’il côtoie sur une base quotidienne les familles affectées par le lock-out. «L’Homme et la femme de la rue m’en parlent, les commerçants m’en parlent. Il y a un impact profond, sans parler de l’impact sur le PIB», a-t-il affirmé. Pas question toutefois de toucher à la clause du contrat qui permet à ABI de ne pas payer d’électricité en cas de lock-out.

Pas de commentaires

«L’entente a été modifiée en 2014 par le précédent gouvernement. La clause de force majeure qui inclut le lock-out, je ne peux pas m’exprimer là-dessus. Est-ce que le gouvernement a trop donné ? Je ne peux pas faire de commentaire», a-t-il dit.

Un an après le début du conflit de travail, les chances de voir une résolution rapide semblent minces. «Il n’y a pas d’échéancier. La balle est dans le camp des parties. Ils doivent assumer le fardeau de nous démontrer qu’il y a vraiment un désir d’avoir une entente négociée», affirme le ministre Boulet.

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