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Tout ça pour cinq emplois

Francis Halin | Agence QMI

Cinq. C’est le nombre de nouveaux emplois annoncés jeudi en conférence de presse par le premier ministre du Québec, la mairesse et le ministre fédéral de l’Infrastructure... en l’absence de l’entreprise japonaise qui l’a boudée.

«Ce n’est pas tellement important comme investissement en dollars et en nombre d’employés, mais c’est très important que ce centre de recherche s’installe ici à Montréal», a reconnu le premier ministre François Legault en point de presse.

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À ses côtés, le ministre fédéral des Infrastructures, François-Philippe Champagne, s’est dit du même avis. Il a rappelé que la métropole est le centre mondial en intelligence artificielle.

«Vous commencez petit, mais vous avez de grandes ambitions», a-t-il déclaré en parlant de l’arrivée de ce nouveau joueur.

Denso appartient à 25 % à Toyota. Son chiffre d’affaires dépasse 48 milliards $. Le géant japonais a plus de 220 installations dans une trentaine de pays. Le siège social de la division américaine de la multinationale est situé à Southfield, au Michigan.

Sentant la vague de l’intelligence artificielle, le fabricant de pièces automobiles Denso veut maintenant miser sur la conduite autonome, l’infonuagique et l’intelligence artificielle. Il mise donc sur la métropole québécoise pour aller chercher les talents qui lui permettront de penser les voitures de demain.

Guerre de talents

Pour gagner cette course techno, la compagnie de pièces automobiles de 170 000 employés dans le monde pourra donc bientôt compter... sur ses cinq nouveaux employés de Montréal.

Joint par «Le Journal de Montréal», le vice-président du Centre nord-américain de recherche et d’ingénierie de Denso, Pat Bassett, a confirmé que la japonaise prévoit embaucher cinq travailleurs dans la métropole.

«C’est un laboratoire satellite. Cette année, on va probablement embaucher, peut-être, cinq personnes», a laissé tomber Pat Bassett en cours d’entretien.

M. Bassett ajoute qu’il n’a pas de «cible». Pour l’instant, il dirige lui-même le laboratoire qui se met en branle, mais il cherche un nouveau dirigeant du centre de recherche.

Côté financement, Denso dit n’avoir eu aucune enveloppe spéciale du gouvernement. «Nous n’avons eu rien de spécial. C’est le talent ici qui nous a guidés», a précisé M. Bassett.

Grands absents

Quand on a demandé, hier, au premier ministre François Legault pourquoi aucun représentant de l’entreprise ne participait au point de presse, il a saisi la balle au bond pour y répondre à la blague.

«Ce n’est pas facile de rencontrer des journalistes. Les gens de Denso ont préféré ne pas faire de point de presse. On respecte ça», s’est-il limité à dire, provoquant les rires des participants.

M. Legault a indiqué qu’il avait eu une «bonne et longue» rencontre avec eux puisqu’ils sont en ville depuis deux jours.

Selon le premier ministre, c’est lorsque Denso aura développé de nouveaux produits ici qu’il faudra la convaincre de les fabriquer au Québec.

«C’est là que l’on aura beaucoup d’investissements et d’emplois», a-t-il précisé.

Pour lui, l’arrivée d’un centre n’est que la première étape. Comme Google, Facebook et Microsoft, qui ont commencé ici avec un laboratoire de recherche, Denso va créer au fil du temps des emplois bien payés, de 75 000 $, 100 000 $ ou même 200 000 $ par année, a-t-il assuré.