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Des citoyens seront privés d’eau potable pour un an

Vincent Larin | Agence QMI

Les habitants d’un village en Beauce seront encore privés pour un an d’eau potable après une contamination qui aurait rendu plus de 300 citoyens malades l’été dernier, et dont la source reste inconnue.  

«Tout ce qu’on peut faire, c’est attendre de se faire construire une usine de chloration», explique d’un ton résigné André Gagnon, maire de Saint-Bernard.  

En juillet, pas moins de 21 cas d’infection à une bactérie, dont cinq chez des bébés de moins de 2 ans, ont été signifiés à la Direction de la santé publique (DSP) de Chaudière-Appalaches, qui a déclenché une enquête.  

Source inconnue  

Celle-ci a révélé 317 cas de gastroentérite dans cette municipalité, dont le système d’eau potable dessert 800 personnes.  

Depuis, il est recommandé en tout temps aux citoyens de Saint-Bernard de faire bouillir l’eau potable avant de la consommer.  

À défaut de trouver l’origine de la mystérieuse contamination, seule la mise en place d’un système efficace de traitement de l’eau pourrait permettre aux résidents de boire l’eau du robinet, a indiqué l’adjointe au directeur de la Santé publique de Chaudière-Appalaches, Julie Lambert.  

Ce qui pourrait prendre encore un an, rage le maire Gagnon. Il est d’autant plus indigné que l’enquête exhaustive de la part du ministère de l’Environnement n’a pas permis de trouver la source du problème.  

Mésentente  

Ce qui n’a pas empêché le ministère de suggérer la levée de l’avis d’ébullition de l’eau après la mise en place de plusieurs mesures, dont un échantillonnage plus fréquent du réseau d’aqueduc, peut-on lire dans le document obtenu par le biais de la Loi d’accès à l’information.  

Un porte-parole du ministère a confirmé que l’eau de Saint-Bernard était conforme à son règlement, mais qu’il laissait à la DSP le choix de lever l’avis d’ébullition. Ce que l’organisme s’est refusé à faire.  

«Il n’est pas possible de démontrer hors de tout doute que ces mesures ont permis de résoudre la problématique», concède d’ailleurs le ministère dans un avis daté du 30 octobre.  

«Le problème, c’est que les gens boivent l’eau quand même [malgré l’avis d’ébullition], et donc le jour où on va devoir émettre un avis d’ébullition pour une vraie contamination, ils ne nous croiront plus», regrette le maire Gagnon.  

Longs délais  

Entre-temps, il aimerait que les différents ministères impliqués dans le dossier poussent pour que le projet d’usine de chloration voie le jour le plus rapidement possible étant donné l’urgence de la situation.  

«On veut que les ouvrages soient bien faits, mais on aimerait aussi ça être priorisé pour que ça avance plus vite», commente par ailleurs M. Gagnon.