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«La guerre froide»: l’amour au temps du communisme

Isabelle Hontebeyrie

 - Agence QMI

Filmé en noir et blanc par le réalisateur polonais Paweł Pawlikowski, «La guerre froide» est un superbe récit d’amour se déroulant pendant une période trouble de l’histoire européenne.

Inspiré par ses parents – «La guerre froide» leur est d’ailleurs dédié et les personnages principaux portent leurs prénoms –, Paweł Pawlikowski débute son long métrage en 1949 dans la campagne de la Pologne ravagée par la guerre. Puisque le pays est sous tutelle communiste, Wiktor (Tomasz Kot) et sa collaboratrice Irena (Agata Kulesza), avec laquelle il entretient une liaison, sont chargés d’enregistrer des chants traditionnels qui serviront ensuite de propagande à la gloire de Staline.

C’est dans ce contexte que Wiktor rencontre Zula (Joanna Kulig), une jeune «paysanne» (la suite du film dévoilera toute la complexité de la jeune femme) de qui il tombe amoureux. En 1952, lors d’un passage à Berlin-Est, Wiktor a la possibilité de passer à l’Ouest et demande à Zula de le suivre...

Compagne essentielle de cette histoire d’amour qui se déroule des deux côtés du rideau de fer, la musique sublime l’utilisation somptueuse d’un noir et blanc riche et profond. Les amours du couple et leurs incessants allers-retours sont rythmés par des musiques classique, traditionnelle ainsi que du jazz.

Avec «Ida», film de 2014 gagnant de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, Paweł Pawlikowski avait permis à son pays de remporter cet honneur pour la première fois. On y remarquait, outre l’exploration du thème de la Pologne d’après-guerre, une utilisation de la richesse du noir et blanc qui préfigurait celle de «La guerre froide».

Le long métrage lui a d’ailleurs valu le Prix de la mise en scène du Festival de Cannes et est reparti avec cinq statuettes lors des prix du cinéma européen. «La guerre froide», qui fait partie des neuf finalistes encore dans la course aux Oscars pour le titre de meilleur film en langue étrangère, mérite d’être vu.

Note: 4 sur 5