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L’amiante freine les rénos de l’hôtel de ville

Matthieu Payen | Le Journal de Montréal

photo Matthieu Payen

Trop étroit, inaccessible aux personnes en fauteuil roulant, mal insonorisé. L’hôtel de ville de Laval ne répond plus aux besoins de la population, mais aucun projet de rénovation n’est sur la planche à dessin en raison de la présence d’amiante dans le bâtiment.

«La troisième ville du Québec se doit d’avoir un hôtel de ville digne de ce nom», pointe le chef de l’opposition officielle à Laval, Michel Trottier.

Conscient de la nécessité de rénover la bâtisse construite en 1964, le nouveau directeur général de la Ville, Jacques Ulysse, a plaidé en décembre dernier pour une intervention urgente, dans un discours prononcé devant des élus lavallois.

Pourtant, aucune rénovation ne figure au budget de la Ville pour les trois prochaines années, au grand dam du chef de la deuxième opposition, Archie Cifelli.

«On met de côté de l’argent pour un centre aquatique sans vraiment savoir combien ça va coûter, mais on ne prévoit rien pour mettre à niveau l’hôtel de ville», déplore-t-il.

Expertise

L’inaction de la Ville viendrait de la présence d’amiante dans tout le bâtiment.

Selon un rapport de la firme EXP de 2016 que «Le Journal de Montréal» a pu consulter, le matériau très répandu dans les constructions d’avant 1980 a été retrouvé dans les finis décoratifs et le crépi des murs, sous les carreaux de vinyle du plancher ainsi que dans les calorifuges qui isolent les conduites d’eau.

Il est rappelé dans le rapport que «l’amiante présente un risque pour la santé lorsque les fibres se détachent des matériaux et se propagent dans l’air ambiant». On indique aussi que l’inhalation des fibres d’amiante peut causer l’amiantose, le cancer du poumon et le mésothéliome.

L’expertise conclut qu’«il est conseillé de ne pas percer les murs et les plafonds contenant de l’amiante», mais qu’il n’y a pas de risque immédiat pour la santé des personnes qui y travaillent.

Déménagement?

M. Cifelli affirme cependant que l’ex-directeur général de la Ville, Serge Lamontagne, avait recommandé à l’époque au maire Marc Demers de déménager le personnel de la Ville pour une durée allant jusqu’à deux ans, le temps de désamianter et rénover l’édifice.

«Le Journal de Montréal» a contacté plusieurs firmes de désamiantage qui n’ont pas pu chiffrer avec précision le coût d’un désamiantage sans connaître les détails des travaux à faire dans ce lieu. La firme Algon 2000 a tout de même avancé, sous toute réserve, une dépense minimale de 500 000$.

«Les zones de travail doivent être étanches, donc ça prend de l’équipement, indique René Lemire, v.-p. d’Algon 2000. Il faut faire des tests d’air chaque jour et des tests finaux après les travaux. Il faut aussi entreposer les déchets dans des sites spéciaux. Tout ça est coûteux.»

Par courriel, la Ville a indiqué qu’un plan d’intervention est en préparation pour éliminer l’amiante. Aucun échéancier ni coût n’a toutefois été avancé.