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Itinérance: Soirée tranquille à Royal Victoria

Beatrice Roy-Brunet | Agence QMI

La nuit s'annonçait tranquille à l'ancien hôpital Royal Victoria, mardi en fin de soirée, alors qu'on ne savait toujours pas si cette unité de débordement d'urgence pour les refuges de sans-abris de Montréal allait être utilisée pour sa première nuit de disponibilité.

Depuis novembre dernier, il n'est pas rare de voir les refuges déborder, mais à 21 h 30, mardi, il était toujours impossible de savoir si ce nouveau site allait être utilisé pour une première fois. 

Avec une température ressentie plus douce, difficile de savoir si le service sera utilisé à sa pleine capacité. «Comme les ressources se remplissent tard en soirée, il sera plus facile d'établir un bilan à la suite de la première nuit», a expliqué Marie-France Coutu des relations médiatiques du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (CCSMTL). 

«Chaque soirée va être différente selon les besoins. Comme c'est la première, on écrit la première page de l’histoire ce soir», a mentionné Julie Grenier, directrice adjointe, partenariats et offre de services du CCSMTL. 

Le service de débordement, mis en place en 30 jours afin de combler un besoin laissé vacant par les ressources montréalaises, prévoit pouvoir accueillir jusqu’à 80 hommes, femmes et personnes trans avec des règles d’accessibilité allégées permettant les animaux de compagnie. 

Le nombre de lits d’urgence du troisième étage du pavillon Ross, ajouté aux 957 lits déjà accessibles dans la métropole, sera suffisant pour répondre à la demande, selon Mme Grenier. «Le chiffre a été évalué en fonction de l’historique des taux d’occupation des derniers hivers», a-t-elle soutenu. 

Même son de cloche du côté d’Émilie Fortier, directrice des Services du Campus Saint-Laurent à la Mission Old Brewery, qui a avancé que le chiffre était «réaliste». 

Difficile de dresser un portrait des besoins 

Plusieurs informations sont toutefois manquantes afin de déterminer le nombre précis d’itinérants qui nécessiteront ces places d’hébergement d’urgence quotidiennement. «Il y a beaucoup de femmes qui n’ont pas accès à des logements. On espère recueillir plus d’informations sur qui sont ces femmes», a ajouté Émilie Fortier. 

«On prévoit une dizaine de femmes qui auront besoin d’un abri et aussi des gens avec des animaux, on manque de données précises», a précisé le président-directeur général de la Mission Bon Accueil, Samuel Watts. Selon lui, impossible de déterminer s’il s’agira de cinq personnes ou de 50. 

Si la demande devient trop élevée, le CCSMTL, qui opère en collaboration avec La Mission Old Brewery, la Maison du Père, la Mission Bon Accueil et l'Accueil Bonneau, se dit prêt à faire les ajustements nécessaires. 

Une ressource temporaire 

La mesure hivernale s’ajoute à celles déjà présentes sur l'île de Montréal. «Ça va donner de l’air aux ressources existantes. Il faut faire un travail de fond pour regarder les choses dans son ensemble», a expliqué Julie Grenier. 

L’ancien hôpital Royal-Victoria ouvrira ses portes tous les soirs du 15 janvier au 15 avril prochain lorsque les autres refuges afficheront complet. La navette de la Mission Old Brewery assurera les transports des itinérants à partir des différentes ressources de 21 h jusqu'à 7 h du matin.