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Pourquoi les urgences débordent-elles?

TVA Nouvelles

Si les hôpitaux manquent de lits en cette saison de la grippe, ce n'est pas seulement parce que nos urgences sont pleines, mais aussi parce que le virus frappe souvent des patients déjà hospitalisés ou aux soins intensifs.   

Alors qu'on devrait leur donner congé et libérer des lits, ils sont touchés par le virus et on doit prolonger leur séjour. Ceux qui souffrent de cette situation sont donc ceux qui attendent à l'urgence et qui devraient normalement avoir leur chambre sur les étages.   

«Les soins intensifs débordent, affirme le Dr François Marquis, intensiviste et interniste à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont de Montréal. Là-dessus, j'ai à peu près 20% de mes patients qui sont là pour la grippe. La grippe, présentement, c'est 1600 diagnostics par semaine, juste à l'hôpital ici.»  

Grippe, maladies chroniques, traumatismes: les 590 lits de cet hôpital sont occupés. Les patients qui sont aux urgences et qui ont besoin d'un lit, même aux soins intensifs, doivent attendre.  

«La semaine passée, il y a une journée en particulier, j'en avais cinq à l'urgence qui devaient être admis aux soins intensifs, mais qui restaient à l'urgence parce qu'il n’y avait juste pas de place», ajoute Dr. Marquis.  

Comble de malheur, trois unités font face à des éclosions sur les étages. Il faut isoler des patients. Pour faire diminuer la pression sur les urgences, on a ouvert une clinique d'hiver juste à côté de l'hôpital, à la Polyclinique Maisonneuve-Rosemont.  

Une vingtaine de médecins et d'infirmières s'y partagent 60 heures additionnelles.  

«Ça, ce sont des cliniques ouvertes, où les gens qui ont des problèmes de santé X, peu importe, qui sont pas nécessairement associés à la grippe, peuvent appeler pour prendre un rendez-vous, explique le Dr Réal Barrette, médecin responsable du groupe de médecine familiale (GMF) Maisonneuve-Rosemont. Donc, ce sont vraiment des plages horaires rajoutées. Mais si on est capables, nous, d'augmenter notre offre de services, en faisant ça, on permet à l'urgence de faire son mandat et de voir des patients qui sont plus malades, qui ont besoin d'être hospitalisés, qui ont besoin d'avoir des traitements intraveineux, par exemple.»  

Selon l'Institut national de santé publique, les cas de grippe testés positifs sont en diminution pour la première fois cette saison. Ils sont passés de 26% la semaine dernière à 22% cette semaine, même si les cas sont encore très nombreux. 

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