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Québec s’attaque à la pénurie de main-d’œuvre

Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale Jean Boulet

Jean-François Desgagnés

Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale Jean Boulet

Confronté au plein emploi, le ministère du Travail aura désormais le mandat d’accompagner les entreprises dans la recherche de main-d’œuvre, annonce Jean Boulet.

«Jusqu’ici, la culture de mon ministère, c’est qu’on attendait les salariés à la recherche d’un emploi qui venaient nous voir et qu’on aidait. Maintenant, on est en situation de plein emploi, le taux de chômage est historiquement bas, alors il faut changer le paradigme, a expliqué le ministre du Travail, en entrevue avec notre Bureau parlementaire. Alors, il faut se transformer en consultants pour les entreprises qui sont à la recherche de salariés.»

Pour y arriver, le ministre Boulet a lancé jeudi matin une initiative surnommée la «Grande corvée». Grâce à un «portrait exhaustif» des postes vacants dans chaque région du Québec, quelque 200 conseillers du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale auront la tâche dès lundi prochain de contacter directement les entreprises à la recherche d’employés.

«On va les rencontrer, établir un plan d’action et les accompagner dans le processus de recrutement ou pour améliorer les méthodes de rétention», a souligné Jean Boulet.

1,4 million d’emplois à pourvoir

L’annonce de cette initiative a d’ailleurs eu lieu dans les bureaux de la firme de conseil en management Talsom, à Montréal, qui a déjà bénéficié de l’appui du ministère du Travail.

«On a contribué à la création d’un département des ressources humaines qui leur a permis de développer des méthodes plus sophistiquées de recrutement et de rétention des employés», a illustré le ministre.

Selon un document publié jeudi par le ministère du Travail, plus de 1,4 million d’emplois seront à pourvoir pour la période 2017-2026. Ce manque de travailleurs affecte la rentabilité des entreprises.

«Je ne veux plus que des entreprises refusent des contrats, ferment ou connaissent une décroissance en raison de la rareté de main-d’œuvre», a dit Jean Boulet.

Travailleurs âgés et immigrants

Pour pourvoir ces postes vacants, les conseillers du ministère auront également le mandat de rejoindre divers groupes de travailleurs sous-représentés en emploi. «Tous les travailleurs âgés de 50 ans et plus qui sont sans emploi, on va communiquer avec eux et les préparer aux possibilités d’emplois qui existent dans la région», a dit le ministre.

Les prestataires de l’assurance-chômage et de l’aide sociale seront aussi ciblés.

Les chômeurs handicapés et les autochtones sans emploi seront également contactés, via des organismes communautaires qui leur viennent en aide.

À plus long terme, le gouvernement Legault veut revoir la formation – tant au niveau professionnel, collégial qu’universitaire – dans les diverses régions du Québec afin de mieux l’adapter aux prévisions de besoins de main-d’œuvre.

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