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Un policier suspendu pour trafic de stéroïdes

Claudia Berthiaume | Agence QMI

Chantal Poirier / Archives

Absous par la cour criminelle, un policier montréalais qui a fait le trafic de stéroïdes dans le stationnement du quartier général vient d’être suspendu deux mois en déontologie.  

L’agent Charles Lavallée n’est pas au bout de ses peines, même si le crime qu’il a commis remonte au Printemps érable de 2012.  

Le policier de 40 ans a pu réintégrer ses fonctions au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à l’automne 2016, après quatre ans de suspension sans salaire, mais il devra passer les deux prochains mois loin de la patrouille.  

C’est la sanction que le Comité de déontologie policière a imposée à Lavallée dans une décision récente, au grand dam de son avocat, qui soutenait que son client avait déjà suffisamment payé pour son geste répréhensible.  

Les faits remontent à avril 2012. Lavallée, qui comptait alors 13 ans d’ancienneté, s’est fait pincer par des collègues qui enquêtaient sur une tout autre affaire.  

Groupe d’intervention  

Le policier avait réussi quelques mois auparavant à se qualifier pour faire partie du groupe d’intervention (GI), à sa quatrième tentative.  

Il passait beaucoup de temps à s’entraîner.  

«En avril 2012, l’agent Lavallée a commencé à acheter des stéroïdes et en a pris pendant un certain temps. Il voulait performer au maximum dans tous les domaines pour rehausser son image et être plus fort», lit-on dans la décision déontologique.  

Alors qu’il se préparait à intervenir dans le cadre d’une manifestation, l’agent Lavallée a remis une bouteille de 100 comprimés de stéroïdes à un collègue, dans le stationnement du quartier général de la rue Saint-Urbain.  

Les deux policiers étaient en uniforme.  

Lavallée, un agent de la paix décoré, a été arrêté sur-le-champ. Lors d’une perquisition subséquente à son domicile, les enquêteurs ont saisi une petite quantité de haschich.  

Il a plaidé coupable à des accusations de trafic de stéroïdes et de possession de drogue, en septembre 2014.  

Un an plus tard, le juge Jean-Pierre Boyer lui permettait de bénéficier d’une absolution conditionnelle. Le policier conservait ainsi un casier judiciaire vierge.  

Notons que les déboires judiciaires de Charles Lavallée lui ont amené une perte salariale évaluée à 200 000 $, une séparation et la perte de sa maison et de sa voiture, si bien qu’il a dû retourner vivre chez ses parents pendant un moment.  

Sentiment de trahison  

L’agent «regrette énormément» son geste et a cessé la consommation de stéroïdes. Il a l’impression d’avoir trahi son organisation, lit-on dans la décision.  

Malgré une infraction «d’un haut niveau de gravité», le policier a réussi à convaincre tour à tour le Comité de discipline du SPVM et le Comité de déontologie de ne pas le destituer de ses fonctions.  

Cependant, la première instance lui a imposé une suspension de 80 jours, et la seconde, une suspension de 60 jours.  

«Le Comité doit se demander si un citoyen, bien renseigné des faits de la cause, continuera à faire confiance à l’agent Lavallée», a souligné le commissaire Richard W. Iuticone dans sa décision écrite, avouant avoir néanmoins songé à la destitution.